France : une campagne d’information qui banalise la sédation en phase terminale ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Sédation

Actualités - France France

Publié le : 23/02/2017

Faisant suite à une première campagne sur le thème du dialogue patients-professionnels de la santé, le Ministère de la Santé français vient de lancer une nouvelle initiative en vue de sensibiliser le grand public sur les enjeux de la fin de vie. L'objectif est de clarifier les changements législatifs entrés en vigueur depuis un an, et de faire connaître à chacun ses droits en matière de fin de vie.

La plupart des Français ignorent en effet largement le cadre légal de la fin de vie et les mesures qui existent pour apaiser les souffrances, refuser l'acharnement thérapeutique ou tout simplement faire connaître de façon prévisionnelle ses position concernant sa propre fin de vie.

Une étude de l'Ifop réalisée en novembre dernier a ainsi révélé que 62 % des Français n'ont jamais entendu parler de la nouvelle loi « Claeys-Leonetti » sur la fin de vie, adoptée il y a un an, et qui permet au patient de demander que lui soit appliquée une « sédation profonde et continue » jusqu'à son décès en cas de souffrances réfractaires.

La nouvelle campagne d'information met résolument l'accent sur les directives anticipées et invite les citoyens français à exprimer officiellement à leur médecin la façon dont celui-ci devra prendre soin d'eux si l'éventuelle question de la poursuite, de la limitation ou de l'arrêt des traitements venait à se poser, au cas où leur état physique ou mental les empêchait d'exprimer leur volonté.

Cette campagne ne fait pas l'unanimité. Selon l'association Alliance Vita, celle-ci « ne répond pas véritablement aux enjeux concernant la fin de vie » et « entretient la confusion entre certaines sédations profondes et l'euthanasie, ou le suicide assisté ». Du reste, chaque patient correspondant à un cas particulier, le principe même des directives anticipées ne peut répondre efficacement à l'avance aux attentes du patient le moment venu. Elles risquent au contraire de faire culpabiliser ceux qui ne les auraient pas remplies à temps. Enfin, la campagne d'information gouvernementale risque de présenter la sédation profonde comme la solution miracle en cas de complication, et donc de banaliser cette pratique qui pourtant devrait rester exceptionnelle, « parce que supprimant toute conscience ».

Source : Alliance Vita, Libération

Voir Fiche Didactique pour la Belgique: " Déclaration anticipée en fin de vie "


Articles similaires

Enregistrer les sédations pour mieux les contrôler ?

- Sédation

Une semaine après la proposition par le CD&V d'évaluer la loi euthanasie, les députées S.PA. Karin Jiroflée et Monica De Coninck ont, le 14 décembre 2017, déposé à la Chambre une proposition visant à clarifier l'application de la sédation palliative en Belgique.

Ce geste médical, qui peut entraîner le décès anticipé du patient, ne fait l'objet d'aucune procédure légale et d'aucun contrôle officiel, contrairement à l'euthanasie, affirment-elles. Seules les recommandations médicales sur le site...

Lire la suite

France : remise du rapport Claeys-Leonetti sur la fin de vie

- Sédation

Ce vendredi 12 décembre, les députés Alain Claeys et Jean Leonetti ont remis au Président François Hollande leur rapport sur la fin de vie, au terme de plus de deux ans de travail, ainsi qu'une proposition de loi appelée à être débattue à l'Assemblée nationale dès janvier 2015.
Deux points importants sont à retenir de ce rapport et de la proposition de loi qui l'accompagne. D'une part, les deux élus préconisent d'autoriser, à la demande du patient, la mise en oeuvre d'une sédation profonde et ...

Lire la suite

Sédation en phase terminale, une euthanasie déguisée ? Nouvelle FICHE didactique.

- Sédation

La sédation en phase terminale, une euthanasie déguisée ?
L'alimentation et l'hydratation 'artificielles', soins ou traitements?
Des soins palliatifs aux soins palliatifs intégraux ?

Force est de constater que le  débat autour des questions liées à la fin de vie n'est pas seulement un débat éthique. Il est aussi un débat sémantique.
Ces questions  sont tellement  délicates - touchant à un interdit fondamental de nos états de droit et aux fondements même de la  mission du corps médical- qu'il ...

Lire la suite