Une étude révèle les « échecs d’inconscience » au moment de l’euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 28/02/2019

Une étude récente montre qu'on ne meurt pas toujours sans expérimenter la souffrance, dans une euthanasie ou un suicide-assisté : dans une part non négligeable de cas, la personne n'est pas réellement inconsciente au moment de l'injection du relaxant musculaire.

Les auteurs, professeurs dans différentes universités du monde, relèvent trois méthodes généralement suivies en Europe et aux Etats-Unis dans le cadre d'un suicide-assisté, d'une euthanasie ou d'une peine capitale.

Selon les chercheurs, « dans toutes ces techniques, il reste un problème scientifique de savoir si le patient est inconscient au moment de sa mort ou non. »  C'est l'expérience d'exécutions aux Etats-Unis qui a permis de mettre cette question en lumière. En effet, il arrive que des personnes restent conscientes mais du fait de la paralysie provoquée, elles sont incapables de manifester leur douleur.

La littérature relative à la peine capitale américaine indique que, bien que les substances utilisées soient semblables à celles utilisées pour l'anesthésie clinique, elles ne peuvent atteindre l'exigence d'inconscience au moment de la mort : l'« échec d'inconscience » est environ 190 fois supérieur quand on a l'intention de provoquer la mort de la personne, que dans les situations où l'on vise le réveil de la personne après l'opération.

L'arrêt cardio-pulmonaire survient, pour les deux tiers des cas, dans les 90 minutes, mais peut survenir jusqu'à 30h après l'administration du relaxant musculaire. D'autres complications sont la difficulté d'avaler la dose prescrite (9%), les vomissements en réaction à aux substances ingérées (jusqu'à 10%), la sortie du coma (2%). Il y a parfois des difficultés liées à l'accès par intraveineuse (3%), ou au prolongement du temps de la mort (jusqu'à 7 jours dans 4% des cas).

Ces chercheurs ont la volonté de définir une méthode plus « optimale » pour assurer l'inconscience au moment de la mort provoquée. Ils vont même jusqu'à en donner la recette. 

Source : « Legal and ethical implications of defining an optimum means of achieving unconsciousness in assisted dying », Anaesthesia 2019.


Articles similaires

Portugal : la proposition de loi sur l'euthanasie devant la Cour constitutionnelle

Portugal : la proposition de loi sur l'euthanasie devant la Cour constitutionnelle

- Euthanasie et suicide assisté

Le Président de la République du Portugal a décidé de soumettre la proposition de loi sur l'euthanasie au contrôle de la Cour constitutionnelle. Adoptée le 29 janvier dernier par le Parlement portugais, la loi était depuis entre les mains du Président, celui-ci ayant notamment la possibilité de demander à la juridiction suprême du pays de se prononcer sur la constitutionnalité de ses dispositions.

 

Dans la déclaration publiée le 18 février, Marcelo Rebelo de Sousa indique que cette loi appa...

Lire la suite

Pays-Bas : hausse de 50% des euthanasies en 4 ans

Pays-Bas : hausse de 50% des euthanasies en 4 ans

- Euthanasie et suicide assisté

Le Rapport annuel 2015 des Comités régionaux de surveillance de l'euthanasie vient d'être rendu public aux Pays-Bas. Il révèle entre autres que, sur les 147.010 personnes décédées en 2015, 5.516 l'ont été du fait d'une euthanasie ou d'un suicide assisté (208 cas). Ce qui représente une augmentation de 4% par rapport à 2014 (5.306) et une augmentation de près de 50% par rapport à 2011 (3.695).
Si la plupart des personnes souffraient d'un cancer, le rapport pointe également une augmentation sign...

Lire la suite

Belgique : plus de 2000 euthanasies déclarées en 2015

Belgique : plus de 2000 euthanasies déclarées en 2015

- Euthanasie et suicide assisté

Dans une interview donnée à la presse et publiée par RTBF.be et DH.be, le Professeur Wim Distelmans, président de la Commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique donne en avant-première, en son nom propre et sans que le Rapport officiel ne soit encore disponible, quelques éléments sur la situation de l'euthanasie en Belgique pour 2014 et 2015.
On y apprend en particulier que le nombre d'euthanasies déclarées est en constante augmentation et a passé la barre des 2000 cas en 2015 (1924 cas...

Lire la suite