Un prisonnier réaffirme sa demande d'euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 19/12/2013

La procédure en référé que l'interné Frank Van Den Bleeken a engagée contre la ministre de la Justice Annemie Turtelboom sera remise, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, au 6 janvier prochain. Le juge des référés doit en effet attendre que la cour d'appel rende sa décision concernant la recevabilité de l'appel interjeté par la ministre de la Justice contre un jugement intermédiaire dans cette affaire, a indiqué le conseil de Frank Van Den Bleeken.
Ce dernier, qui aura bientôt 50 ans, se trouve en prison depuis près de 30 ans pour plusieurs viols, dont un qui s'est terminé par le meurtre de sa victime. Il estime que, s'il sort de prison, il récidivera, n'ayant, selon lui, pas reçu de soins adaptés en Belgique.
L'homme a demandé l'euthanasie il y a trois ans, évoquant une souffrance psychique insupportable, mais la Commission fédérale relative à l'euthanasie lui a répondu qu'elle n'examinerait cette demande que lorsque toutes les possibilités thérapeutiques seraient épuisées. Procédure inhabituelle de soumettre un cas préalablement au jugement de la Commission.
L'homme a ensuite demandé à pouvoir être transféré aux Pays-Bas dans une clinique néerlandaise spécialisée où il pourrait bénéficier de soins adaptés mais la Commission de défense sociale de Bruxelles, dépendant du ministère de la Justice, et son instance d'appel ont refusé un tel transfert, argumentant que la loi belge ne permettait pas d'extrader à l'étranger des internés. Frank Van Den Bleeken a en conséquence décidé de citer en référé Annemie Turtelboom.
Le juge des référés a décidé de demander des devoirs complémentaires dans ce dossier, constatant que d'autres internés étrangers ont déjà été accueillis dans l'institution néerlandaise en question. Il souhaite savoir si la ministre de la Justice avait déjà étudié la possibilité d'un tel transfert pour Frank Van Den Bleeken, et a en outre demandé à consulter le dossier d'internement ainsi que les rapports psychiatrique et psychosocial.
La ministre de la Justice a interjeté appel de ce jugement intermédiaire. La cour décide ce 24 décembre s'il est recevable ou non.


Articles similaires

Euthanasie et démence : les Pays-Bas autorisent la sédation contrainte pour éviter toute résistance du patient

Euthanasie et démence : les Pays-Bas autorisent la sédation contrainte pour éviter toute résistance du patient

- Euthanasie et suicide assisté

Tel que mis à jour le 19 novembre dernier, le Code de bonnes pratiques des Commissions régionales de contrôle de l'euthanasie des Pays-Bas (RTE) prévoit de nouvelles précisions quant à la procédure à suivre en cas d'euthanasie effectuée sur une personne atteinte de démence et dont la capacité de consentement est altérée.

 

Cette modification fait suite à l'affaire judiciaire relative à la koffie-euthanasie (euthanasie-café), nommée ainsi du fait de l'administration d'un sédatif, par le médec...

Lire la suite

Pays-Bas : euthanasie pour « fatigue de vivre » ?

Pays-Bas : euthanasie pour « fatigue de vivre » ?

- Euthanasie et suicide assisté

Nul besoin d'élargir la loi dépénalisant l'euthanasie aux Pays-Bas aux personnes considérant que leur vie est « accomplie » et qui souhaiteraient pour cette seule raison qu'un médecin y mette fin. C'est la conclusion du rapport Schnabel, remis au gouvernement néerlandais le 4 février 2016.
Alerté par plusieurs psychiatres quant aux potentielles dérives de la loi euthanasie, le gouvernement a chargé des experts d'étudier la possibilité d'une extension de la loi actuelle dépénalisant l'euthanasi...

Lire la suite

L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine

L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine

- Euthanasie et suicide assisté

Le Professeur belge Benoît Beuselinck, médecin oncologue de la KUL, révèle dans un ouvrage universitaire, « Euthanasia and Assisted Suicide : Lessons from Belgium » que des infirmières et des assistantes sociales d'un hôpital belge démissionnent de l'unité de soins palliatifs, parce que celle-ci se transforme en « maison de l'euthanasie ».

Ces infirmières ne veulent plus être réduites à préparer les patients et leurs familles aux injections létales, et considèrent que les demandes d'euthanasi...

Lire la suite