Quand l’euthanasie chasse la bonne pratique des soins palliatifs au Québec

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 01/06/2018

Voici la Ministre de la santé du Québec, le Dr Barette, sous le feu d'un tir groupé venant de la Commission sur les soins de fin de vie, du Comité national d'éthique pour le vieillissement, le Réseau Québecois en soins palliatifs et de fin de vie, et enfin, de l'Association québécoise de soins palliatifs.

Leurs porte-parole tirent tous la sonnette d'alarme : par manque de médecins formés en soins palliatifs et manque de places dans les services de soins palliatifs, les patients n'auraient d'autres choix que de se tourner vers l'euthanasie, affirme le Collège des médecins. L'offre est inégale de région en région. « Quand un patient nous dit qu'il n'a pas assez d'aide à domicile ou qu'il n'est pas pris à l'hôpital, et qu'alors il va vers une demande d'aide médicale à mourir (euthanasie), nous sommes, nous médecins très mal à l'aise », affirme Christiane Martel, présidente de la Société québécoise des médecins en soins palliatifs.

Le Québec a en effet dépénalisé l'Aide Medicale à Mourir (euthanasie ou suicide assisté), en juin 2014. (L'aide médicale à mourir (AMM) au Québec : points saillants de la loi au Québec et comparaison avec le droit belge)

Ce qui est plus grave, et qui est mentionné dans la lettre adressée au Ministre, c'est que des patients demandant l'euthanasie « deviennent prioritaires quant aux ressources disponibles (en matière d'évaluation médicale, psychosociale, d'accompagnement spirituel, etc.)…au détriment des autres patients en fin de vie.» (Extrait de la lettre du Collège des médecins).

La mauvaise monnaie chasserait-elle la bonne ? L'euthanasie chasse-t-elle la bonne pratique des soins palliatifs ? (Voir Dossier de l'IEB à ce sujet)

Le réseau de soins palliatifs manquerait également de relève ; or, le coeur de la loi sur la fin de vie était de garantir à chaque Québecois l'accès à des soins palliatifs de qualité. L'ampleur du défi est bien réelle face à l'accroissement inévitable des besoins causés par le vieillissement de la population, les maladies dégénératives et du cancer.

D'après les données de Radio-Canada, ce sont aujourd'hui près de 28.000 personnes qui ont recours aux soins palliatifs chaque semestre.


Articles similaires

Belgique : 10 ans d’euthanasie : un heureux anniversaire ?

- Euthanasie et suicide assisté

Plus de 70 professeurs d'université et médecins signent une "Carte Blanche" diffusée dans la presse.

 

"L'autorisation légale de l'euthanasie a quant à elle un impact sur le tissu social et sur notre conception  sociétale de la médecine. Elle transgresse un interdit fondateur et affecte en cela même les bases de notre démocratie, en délimitant une classe de citoyens à qui on peut donner la mort avec l'aval de la société. Dès lors qu'elle revêt une indéniable dimension sociopolitique, l'eutha...

Lire la suite

L’Académie de médecine (France) s’oppose à une nouvelle loi sur l’euthanasie.

L’Académie de médecine (France) s’oppose à une nouvelle loi sur l’euthanasie.

- Euthanasie et suicide assisté

L'Académie réitère son opposition à l'euthanasie active ou à l'aide médicale au suicide : «Il n'est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort. Aucun médecin ne saurait consentir à donner la mort. Aucun médecin ne saurait se voir imposer par la loi de transgresser cet interdit fondateur.»
Elle admet toutefois qu'il «devient nécessaire de faire progresser dans notre société la notion et l'expression des directives anticipées», un élément de la loi Leonetti qui permet à un ...

Lire la suite

Premières auditions fixées sur l’euthanasie des mineurs

Premières auditions fixées sur l’euthanasie des mineurs

- Euthanasie et suicide assisté

Les Commissions réunies des Affaires sociales et de la Justice du Sénat ont arrêté une première liste d'auditions d'experts dans le cadre de leurs travaux sur l'extension de la loi dépénalisant l'euthanasie, à partir du 20 février.
Herman Nys (professeur de droit médical à la KUL), Dominique Biarent (chef de service à l'hôpital des enfants Reine Fabiola), Masendu Kalenga (chef du service de néonatalogie du CHR de Namur), Chris Van Geet (professeur à la faculté de médecine de la KUL), Joris Ver...

Lire la suite