Pays-Bas : trop peu d’euthanasies de nouveau-nés ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Pays-Bas Pays-Bas

Publié le : 01/04/2010

À la suite de l'instauration du “Protocole de Groningen”, qui permet depuis 2007 à un médecin d'euthanasier un bébé porteur d'un handicap, le comité national de suivi s'étonne du fait que, jusqu'à présent, un seul cas ait été rapporté. En effet, dans ses estimations, le comité avait tablé sur 15 à 20 cas annuels. Comment expliquer cet écart ? Les médecins néerlandais préfèrent-ils taire les cas d'euthanasie de nouveau-nés ?    

Dans son dernier numéro, le Journal of Medical Ethics (2010, n°36, pp. 234-237) s'interroge à ce propos et avance plusieurs explications. Tout d'abord, un manque de données aurait pu conduire à une surestimation des prévisions d'euthanasies de nouveau-nés. Serait-ce aussi qu'avant l'adoption du Protocole de Groningen certains avortements auraient été rapportés comme des euthanasies ?  Une autre explication de ce "trop peu" de cas, serait un recours accru à la sédation terminale. Dans ce cas, le décès du bébé n'est en effet pas répertorié comme une euthanasie...

Si ces arguments semblent pertinents, ils ne sont toutefois pas suffisants pour rendre compte du seul et unique cas rapporté. Manifestement, des médecins ont passé sous silence certains cas, estiment les auteurs de l'article paru dans le Journal of Medical Ethics. Pourquoi ?

Tout d'abord, le comité auprès duquel les médecins sont censés rapporter les décès pose problème : il ne jouit d'aucune autorité légale et ne peut donc préserver le médecin d'éventuelles poursuites judiciaires. Ensuite, lorsqu'un enfant souffre, les médecins préfèrent qualifier l'euthanasie de “soins terminaux adéquats”, expression qui passe mieux auprès des parents. Finalement, si l'enfant ne souffre pas, mais pourrait souffrir dans le futur (comme dans les cas de spina-bifida), son euthanasie n'est pas permise selon les termes du Protocole.

Et les auteurs d'estimer qu'il semble quasiment impossible de respecter les dispositions de la législation néerlandaise actuelle. Si le gouvernement veut que les médecins néerlandais prennent au sérieux leur obligation de rapporter les cas d'euthanasie infantile, estiment les auteurs, il doit rendre le Protocole plus permissif encore.

Sources : IEB, Journal of Medical Ethics, BioEdge


Articles similaires

Plaintes de citoyens à propos d’euthanasies suspectes

Plaintes de citoyens à propos d’euthanasies suspectes

- Euthanasie et suicide assisté

A l'heure où se pose la question du véritable contrôle exercé sur la pratique de l'euthanasie en Belgique, Elke Sleurs, sénatrice NV-A, a osé lever un coin du voile . Dans une question parlementaire, elle s'inquiète du fait que l''on dispose de peu d'informations sur d'éventuelles plaintes de citoyens auprès du ministère public et sur des enquêtes concernant des décès suspects. Elle adresse plusieurs questions en ce sens à la Ministre de la Justice et notamment : "combien de fois (par an), de ...

Lire la suite

Belgique : toujours plus d'euthanasies : 1432 en 2012

Belgique : toujours plus d'euthanasies : 1432 en 2012

- Euthanasie et suicide assisté

En Belgique, selon la commission chargée de contrôler la pratique de l'euthanasie dans ce pays, il a été enregistré 1432 déclarations d'euthanasie pour l'année 2012. Ce qui représente une hausse de 25% par rapport aux 1133 cas enregistrés en 2011. Sur les 1432 cas, 81% étaient d'origine flamande soit 1156 cas, et 19% étaient francophones soit 276 cas.
 

Faut-il rétribuer le médecin qui donne un deuxième avis lorsqu'un patient demande à pouvoir bénéficier de l'euthanasie ?

A ce jour, ces méde...

Lire la suite

Belgique : 2024 euthanasies déclarées en 2016

Belgique : 2024 euthanasies déclarées en 2016

- Euthanasie et suicide assisté

Alors que le la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie a publié son rapport couvrant les années 2014-2015  le 19 octobre 2016, le total des euthanasies déclarées officiellement pour 2016 vient d'être communiqué par Gilles Génicot, avocat et membre de ladite Commission.

Un nombre stable par rapport à 2015. « Ce n'est pas étonnant » déclare Gille Génicot. « Il n'y a plus d'objection à cet acte. La loi a rendu les choses possibles et transparentes. »

 Comme la Commissio...

Lire la suite