Pays-Bas : pas de « droit » à l’euthanasie, rappellent les médecins

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 20/09/2017

Agnes Wolbert, ancienne députée, est depuis le 1er juin la nouvelle directrice de l'association pour une fin de vie librement choisie (Nederlandse Vereniging voor een Vrijwillige levensEinde (NVVE). Ce mouvement compte aujourd'hui près de 167.000 membres.
Dans un entretien avec le journal NRC, Agnes Wolbert reproche aux médecins de famille de ne pas pratiquer plus d'euthanasies. Elle estime que certains praticiens répugnent à provoquer la mort de leur patient et surtout, n'osent pas prendre de risques et aller au-delà de ce que prescrit la loi qui, sous certaines conditions bien strictes, l'autorise : « les médecins laissent ainsi leur patient en attente », déclare Mme Wolbert.

D'autres médecins, dit-elle, réfèrent les personnes en demande d'euthanasie, automatiquement à la Clinique de fin de vie au lieu d'assurer eux-mêmes l'injection létale, surtout s'ils ne sont pas convaincus du bien-fondé de celle-ci pour leur patient.

Les médecins généralistes n'apprécient pas cette opinion critique à leur égard. D'autant plus qu'en 2015, une étude de la fédération royale des médecins (KNMG) et de l'association des médecins de campagne, a révélé que les médecins, dans leur pratique quotidienne, estimaient subir des pressions extérieures de la société  et des familles lorsque la question de la fin de vie se posait. C'est pourquoi, les associations de soignants tiennent à répéter : « l'euthanasie n'est pas un droit », contrairement au slogan de la NVVE.

C'est dans un contexte où plusieurs associations militent pour la « mort librement choisie » mais aussi pour la pilule Drion, que les médecins doivent se positionner et expliquer clairement que l'euthanasie est différente du suicide assisté. La question aux Pays-Bas est de savoir s'il revient à l'Etat, et donc aux citoyens, d'organiser et d'avaliser le suicide des siens.

Source : NRC, MedischContact.nl


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