Pays-Bas : le contrôle de l’euthanasie remis en cause par des chercheurs américains

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 21/11/2017

La loi dépénalisant l'euthanasie et le suicide assisté aux Pays-Bas se décrit comme stricte et rigoureuse, et pourtant, une étude menée par David Miller and Dr Scott Kim du département de bioéthique au National Institutes of Health (NIH) (USA) suggère le contraire.

Le but de leur étude est de comprendre comment les organes qui contrôlent et avalisent a posteriori les euthanasies, les Commissions RTE (Regionale Toetsingscommissies Euthanasie), définissent et évaluent les critères d'euthanasie et du suicide assisté (EAS) pour juger de leur conformité à la loi. Les chercheurs américains ont voulu aussi mesurer l'efficacité des RTE à fixer une limite claire dans la pratique de l'euthanasie et du suicide assisté.

Ont ainsi été étudiés trente-trois cas d'euthanasies avalisés par les RTE mais qualifiés toutefois comme limites, advenus entre 2012 et 2016, où les RTE ont estimé que certains critères d'admission à l'EAS, critères dits « de minutie », n'avaient pas été respectés.
Parmi ceux-ci, 22 concernent une ou plusieurs violations de critères de procédure, incluant des soins médicaux inappropriés et la consultation d'au moins un médecin indépendant.  Ainsi, dans quatorze cas, il a été jugé que les médecins n'avaient pas procuré au patient les soins médicaux appropriés à leur état, puisque leurs prescriptions de médicaments n'étaient pas adéquates (en posologie, administration ou ordre d'administration). Dans dix cas, les RTE ont souligné le fait que les médecins impliqués dans l'acte d'euthanasie n'étaient pas indépendants les uns des autres, comme l'exige pourtant la loi.

Dans dix cas d'euthanasie par contre, il apparait qu'un ou plusieurs des critères d'évaluation de fond n'ont pas été respectés. Les critères de fond les plus souvent ignorés par les médecins sont ceux de « l'absence de perspective d'amélioration » et de « proposition d'une alternative à l'EAS ». Dans 6 cas, il est également apparu que des médecins avaient – entre-autre - manqué de rigueur dans leur évaluation du niveau de « souffrance insupportable » des patients. La plupart de ces cas contiennent en outre, selon le NIH, des éléments de diagnostics controversés.

Le NIH conclut en constatant que même dans des cas de violation de critères de fond quant à l'admissibilité,  les RTE se concentrent sur la question de savoir si les médecins ont respecté les étapes et la procédure, plutôt que sur la justesse des diagnostics de fond. Ce faisant, les RTE ne vérifieraient en réalité pas l'admissibilité réelle d'une personne à l'euthanasie.

Le Dr Scott Kim, venu à Anvers les 16 et 17 novembre 2017 pour animer la conférence organisée par la UCSIA à l'occasion d'un symposium "15 ans de la loi sur l'euthanasie en Belgique", y a réaffirmé dans le quotidien "De Standaard", sa position critique, non seulement à l'égard de la législation néerlandaise, mais à l'égard de la loi belge également.

 Sources : 15 years euthanasia in Belgium.


Articles similaires

Euthanasie : Tempo omhoog of debat verdrinkt

Euthanasie : Tempo omhoog of debat verdrinkt

- Euthanasie et suicide assisté

De Senaat voorziet nog acht hoorzittingen omtrent euthanasie, telkens om de twee weken. Euthanasie voor minderjarigen komt op 6 maart nog aan bod, daarna is het de beurt aan het volgende 'blok': euthanasie voor dementerenden.
Pas daarna volgt de parlementaire behandeling, maar Guy Swennen (SP.A) wil de timing vervroegen. 'Zodra er een thema is afgewerkt, zouden we al aan de behandeling kunnen beginnen, terwijl de hoorzittingen doorlopen. Euthanasie voor minderjarigen stevent af op een...

Lire la suite

Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression

Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression

- Euthanasie et suicide assisté



Alors que la loi canadienne garantit l'objection de conscience, notamment pour les médecins, nombre d'entre eux font désormais l'objet de pressions lorsqu'ils refusent de pratiquer une euthanasie ou d'assister un suicide.

La loi canadienne prévoit que la législation sur l'aide médicale à mourir (AMM, autre nom pour l'euthanasie) n'a ''pas pour effet d'obliger quiconque à fournir ou à aider à fournir l'aide médicale à mourir''.

Toutefois, certains changements introduits dans les politiques...

Lire la suite

Belgique : euthanasies récurrentes de malades psychiatriques

Belgique : euthanasies récurrentes de malades psychiatriques

- Euthanasie et suicide assisté

Tant en 2013 qu'en 2014, une cinquantaine de personnes ont été euthanasiées en Belgique pour des raisons psychiatriques. "Les patients maniaco-dépressifs sont, dans leur phase maniaque, capables des choses les plus improbables », a évoqué le professeur Distelmans. « Ils peuvent vider leur compte en banque, partir en week-end dans un hôtel cinq étoiles ou encore acheter plusieurs voitures en une seule journée. A ce moment-là, ils ne sont pas conscients de leurs actes. Lorsqu'arrive la phase dép...

Lire la suite