Pays-Bas : la Coopérative « Dernière volonté » s’affirme sur le marché de la mort

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 15/02/2018

La Coopérative « Dernière volonté » (« Laatste Wil », CLW) avait annoncé à ses 3.200 membres en septembre dernier avoir découvert un moyen « légal » pour mettre fin à sa vie de manière absolument autonome et sans douleurs.

La substance, que la Coopérative a appelée « Moyen X », pour ne pas dévoiler son nom, est une poudre de conservation, utilisé notamment dans les milieux hospitaliers pour prévenir les moisissures. L'annonce a fait grimper en flèche les inscriptions à la CLW, qui compte aujourd'hui 20.000 membres.

Après 6 mois d'adhésion, valant selon la CLW de temps de réflexion, ses membres s'organiseront en groupements d'achats indépendants, afin de passer commande. Le nom réel du produit ne sera révélé qu'au représentant sélectionné par chaque groupe d'achat. Celui-ci servira d'intermédiaire avec le vendeur. Ce représentant aura la responsabilité de s'assurer de la capacité de discernement des acheteurs lors de la distribution des commandes.

Dans le milieu néerlandais des coaches professionnels de « l'accompagnement en fin de vie », la nouvelle n'emporte pas l'adhésion de tout le monde. Si certains se montrent enthousiastes de « l'autonomie absolue » qu'offre le « Moyen X », d'autres s'inquiètent de ce que la CLW n'examine ni la capacité de discernement, ni les motifs d'adhésions de ses membres lors de leur inscription. Ton Vink redoute que des personnes psychiquement fragilisées trouvent trop facilement la mort, grâce à l'achat du « Moyen X ».

Dans le « Nederlands juristenblad », Ton Vink avance que la Coopérative qui aura fourni une aide au suicide à toute personne effectivement décédée après ingestion du « Moyen X », sera, selon lui, pénalement condamnable . Le refus de CLW de dévoiler publiquement son produit létal et son absence de soutien moral aux membres qui le nécessiteraient, ne plaideront pas pour sa cause le jour venu.

Cette mise en garde n'inquiète nullement le président de la CLW, Jos van Wijk, qui estime que la coopérative ne joue pas un rôle suffisamment important dans le processus d'achat que pour pouvoir être attaqué pour aide au suicide. De plus, ses membres signent une décharge exonérant la CLW de toute responsabilité. 

Source : NRC.nl

 


Articles similaires

Pays-Bas : La Coopérative « Dernière volonté » ne distribuera plus sa poudre létale

Pays-Bas : La Coopérative « Dernière volonté » ne distribuera plus sa poudre létale

- Euthanasie et suicide assisté

La Coopérative « Dernière volonté » (« Laatste wil ») a annoncé mettre fin à son activité de mise à disposition de sa poudre létale dénommée « Moyen X ». Sa décision fait suite à celle du Ministère public d'enquêter sur la possibilité de qualifier cette activité d'aide délictueuse au suicide.

Petra de Jong, administratrice de la Coopérative, insiste ne pas comprendre pourquoi le Ministère public considère la CLW comme organisation criminelle. En effet, la coopérative ne fait qu'informer ses m...

Lire la suite

L’Association Médicale Américaine réaffirme son opposition à l’euthanasie

L’Association Médicale Américaine réaffirme son opposition à l’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

C'est la fin d'un long débat : ce mardi 11 juin, les délégués de la prestigieuse Association Médicale Américaine (AMA) ont voté pour réaffirmer la position de l'organisation sur l'euthanasie et le suicide assistée, selon laquelle « l'euthanasie est fondamentalement incompatible avec le rôle du médecin en tant que soignant, serait difficile, voire impossible à contrôler, et poserait de sérieux risques sociétaux ». Cette position a été maintenue à une majorité écrasante, de 392 voix contre 162 (...

Lire la suite

« Nous ne sommes pas des euthanasieurs » affirment des anesthésistes italiens.

« Nous ne sommes pas des euthanasieurs » affirment des anesthésistes italiens.

- Euthanasie et suicide assisté

Tout est né des déclarations choc d'un médecin anesthésiste de l'université de Cagliari et de La Sapienza à Rome, âgé de 87 ans, qui affirme dans une interview à un quotidien sarde avoir aidé à mourir des centaines de personnes gravement malades en allant « un peu au-delà » dans l'anesthésie des patients.
Cette façon d'agir de la part des médecins anesthésistes, avec le consentement plus ou moins explicite des patients ou de leur famille, n'est pas une euthanasie, affirme le Dr Saba, mais une ...

Lire la suite