Pays-Bas : l'euthanasie pour les enfants de moins de 12 ans ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 22/06/2015

La loi néerlandaise autorise sous certaines conditions l'euthanasie pour les mineurs à partir de 12 ans. Entre 2002 et 2012, on compte cinq cas d'euthanasies de mineurs aux Pays-Bas, une pour un enfant de 12 ans, et quatre pour des enfants de 16/17 ans.
Mais l'Association néerlandaise des pédiatres réclame l'élargissement de cette pratique sans limite d'âge. Invoquant le droit pour les enfants de moins de 12 ans de mourir « humainement », ces médecins considèrent, par la voix notamment du professeur Eduard Verhagen, que la limitation de l'accès à l'euthanasie selon un critère d'âge est discriminatoire, dans la mesure où ces enfants sont dans les mêmes conditions extrêmes, endurant des souffrances intolérables et incurables, les menant de façon proche et certaine à la mort.
Faisant référence à l'exemple de la Belgique, où la loi dépénalisant l'euthanasie des enfants sans limite d'âge a été votée en 2014, le professeur Verhagen et d'autres pédiatres estiment que tous les enfants sont capables de comprendre leur situation et aptes à demander librement la mort.
Le même professeur Verhagen est l'auteur du Protocole de Groningen (Dossier de l'IEB). En dehors de tout cadre légal, ce protocole prévoit dans certains cas de provoquer la mort de nouveau-nés viables, mais dont la qualité de vie serait jugée trop pauvre.
Estimant avoir les outils pour les cas d'enfants âgés de moins d'un an et de plus de 12 ans, le professeur Verhagen plaide pour étendre la dépénalisation de l'euthanasie sans limite d'âge, prévoyant même que, dans les cas où l'enfant serait incapable d'exprimer sa volonté, les médecins puissent agir à la demande des parents et sur avis d'une commission médicale.
Cette prise de position est loin d'être unanime. Les associations de parents et de médecins s'inquiètent d'une dérive qui consisterait à tuer un enfant, trop jeune pour comprendre ce qui lui arrive, au motif que sa vie ne présente pas d'espoir selon ses parents et ses médecins. Ils rappellent l'importance primordiale du fait que, dans tous les cas, la demande d'euthanasie doit obligatoirement émaner de la personne en souffrance, sur base d'un consentement libre et éclairé.
Source : Le Point
 


Articles similaires

Malaise par rapport à certains médecins français qui euthanasient leurs patients en Belgique

Malaise par rapport à certains médecins français qui euthanasient leurs patients en Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Dans un avis par lettre du 28 octobre, le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique s'est montré divisé sur la question de savoir si un médecin établi à l'étranger mais autorisé à exercer sur le sol belge, peut venir en Belgique avec son patient qui demande l'euthanasie, « et le faire admettre dans un centre de court séjour belge ou dans une maison de repos et de soins belge afin de l'y euthanasier ».

Le cas soumis au Comité était celui d'un médecin français qui se rendait régulièrement a...

Lire la suite

« Nous ne sommes pas des euthanasieurs » affirment des anesthésistes italiens.

« Nous ne sommes pas des euthanasieurs » affirment des anesthésistes italiens.

- Euthanasie et suicide assisté

Tout est né des déclarations choc d'un médecin anesthésiste de l'université de Cagliari et de La Sapienza à Rome, âgé de 87 ans, qui affirme dans une interview à un quotidien sarde avoir aidé à mourir des centaines de personnes gravement malades en allant « un peu au-delà » dans l'anesthésie des patients.
Cette façon d'agir de la part des médecins anesthésistes, avec le consentement plus ou moins explicite des patients ou de leur famille, n'est pas une euthanasie, affirme le Dr Saba, mais une ...

Lire la suite

Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression

Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression

- Euthanasie et suicide assisté



Alors que la loi canadienne garantit l'objection de conscience, notamment pour les médecins, nombre d'entre eux font désormais l'objet de pressions lorsqu'ils refusent de pratiquer une euthanasie ou d'assister un suicide.

La loi canadienne prévoit que la législation sur l'aide médicale à mourir (AMM, autre nom pour l'euthanasie) n'a ''pas pour effet d'obliger quiconque à fournir ou à aider à fournir l'aide médicale à mourir''.

Toutefois, certains changements introduits dans les politiques...

Lire la suite