Pays-Bas : euthanasie des patients souffrants d’une maladie psychiatrique

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Pays-Bas

Publié le : 25/02/2014

Comme signalé dans la Factsheet KNMG (1) de février 2014, les demandes d'euthanasie pour des patients psychiatriques sont en augmentation aux Pays-Bas  (2% en 2012). L'euthanasie des patients psychiatriques y est autorisée par la loi. Selon l'arrêt Chabot (1994),  ce n'est pas l'origine de la souffrance qui qualifie la souffrance mais l'insoutenabilité de celle-ci. Ce même arrêt  affirme également que le patient psychiatrique dispose d'une volonté libre et autonome.
La KNMG, la NVvP (2) et la commission régionale de contrôle de l'euthanasie préconisent malgré tout la plus grande prudence et la retenue en ce qui concerne l'euthanasie des patients psychiatriques. Ils font remarquer, s'appuyant sur ce même arrêt Chabot, que les compétences décisionnelles du patient peuvent être influencées par la maladie psychiatrique en elle-même et que l'évaluation de cette souffrance insoutenable et sans espoir est beaucoup plus difficile.
Cette retenue et grande prudence, en quoi consistent-elles ?
Toute demande d'euthanasie du patient psychiatrique doit être au départ prise en charge comme une demande d'aide à la vie. Le patient psychiatrique doit avoir manifesté son désir d'euthanasie de façon répété et insistante vis à vis de son médecin et de son entourage sur une durée d'au moins plusieurs mois. Ainsi le désir suicidaire  comme symptôme  de la maladie psychiatrique serait plus facilement écarté puisque la plupart des patients psychiatriques suicidaires passeraient impulsivement à l'acte.
La NVvP propose depuis 2009 certaines directives lors d'une demande d'euthanasie par des patients  psychiatriques, et notamment que des consultations supplémentaires doivent être prévues afin que le patient soit vu par un psychiatre indépendant avec une expertise renommée dans la maladie psychiatrique du patient et par un consultant indépendant, le plus souvent un médecin SCEN(3) en psychiatrie. En cas d'opinions divergentes, un troisième consultant peut être consulté.

(1) Koninklijke Nederlandsche maatschappij ter bevordering van de geneeskunst. (Société Royale néerlandaise de médecine)
(2) Nederlandse Vereniging voor Psychiatrie. (Société néerlandaise de psychiatrie)
(3) Un médecin SCEN est un médecin néerlandais formé pour informer ses confrères médecins (à la demande de ceux-ci)en matière d'euthanasie.

 


Articles similaires

Légaliser l’euthanasie… pour des raisons économiques

Légaliser l’euthanasie… pour des raisons économiques

- Euthanasie et suicide assisté

Un article scientifique récemment publié dans la revue Clinical Ethics encourage la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie sur base d'arguments financiers.

Cet article, co-écrit par David Shaw (chercheur en bioéthique à l'Institute for Biomedical Ethics de Bâle) et Alec Morton (chercheur en management de la santé à Glasgow), est intitulé « Counting the cost of denying assisted dying » (« Calculer le coût d'un refus de légalisation du suicide assisté »). Les deux auteurs cherchent ...

Lire la suite

La Cour d'Assises se penche sur l'euthanasie pour souffrance psychique

La Cour d'Assises se penche sur l'euthanasie pour souffrance psychique

- Euthanasie et suicide assisté

Les trois médecins ayant pratiqué ou approuvé l'euthanasie de Tine Nys l'ont-ils fait de manière illégale et sont-ils coupables d'empoisonnement ? Telle est la question à laquelle répondront les douze jurés de la Cour d'assises de Gand, à l'issue du procès qui s'est ouvert ce 14 janvier. Cette affaire constitue le premier procès d'assises relatif à l'application de la loi sur l'euthanasie.

Rétroactes
L'affaire remonte au printemps 2010, lorsque Tine Nys, jeune femme de 38 ans, exprime la dema...

Lire la suite

François et Anne demandent à être euthanasiés ensemble

François et Anne demandent à être euthanasiés ensemble

- Euthanasie et suicide assisté

François (89 ans) et Anne (86 ans) demandent à être euthanasiés ensemble. Non, ils ne souffrent pas. Oui, ils ont différents maux dus à la vieillesse. « Ma femme et moi sommes vieux. De jour en jour notre santé se détériore et notre qualité de vie diminue. Il n'y aura plus d'amélioration possible. » Et François de s'exclamer : « Nous avons eu une belle vie, donnez-nous une belle mort. Car en fait, à notre âge, qu'est-ce que la vie peut encore nous offrir ?»
En fait, François et Anne expliquent...

Lire la suite