Pays-Bas : érosion de la loi euthanasie et dangers pour les personnes atteintes de démence

Publié le : Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté Actualités Temps de lecture : 2 min.

 Imprimer

Entièreté de l'opinion du Dr. Chabot : ICI
A la suite de la publication du troisième Rapport quinquennal d'évaluation de la loi Euthanasie aux Pays-Bas, dans lequel des experts se félicitent de la bonne application de la loi, le psychiatre Boudewijn Chabot dénonce quant à lui, le fait que cette loi ait été vidée de son sens et n'assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques, qui sont de plus en plus nombreuses et pour lesquelles de plus en plus de médecins pratiquent l'euthanasie.

Tout d'abord, il s'inquiète du laxisme de certains médecins et de la Commission d'évaluation de la loi quant à l'appréciation des critères de conformité. La loi en prévoit trois pour pouvoir pratiquer une euthanasie : il doit y avoir une « demande volontaire et délibérée » du patient, exprimant une « souffrance insupportable sans perspective d'amélioration » et qu'il n'y ait « aucune alternative raisonnable à l'euthanasie ».

Or, ce dernier critère (absence d'alternative raisonnable) est mis à mal à partir du moment où le patient refuse l'alternative proposée par le thérapeute et qui pourrait soulager sa souffrance. De même pour le critère de "souffrance insupportable", pour lequel un simple refus d'alternative raisonnable annihile la perspective d'alléger la souffrance. La demande d'euthanasie ne dépend donc réellement que de son caractère « volontaire et délibéré » et donc de la seule autonomie et volonté personnelle du patient, qui peut rejeter tout accompagnement thérapeutique.

Ensuite, cette « culture euthanasique » se développe également par le biais de la Clinique de Fin de Vie (Levenseindekliniek), constate le Dr Chabot. Lorsque le médecin traitant refuse d'accéder à la demande d'euthanasie de son patient, il se peut que la Clinique de Fin de Vie le fasse.  « En 2016, environ 40 médecins travaillant à temps partiel à la Clinique de Fin de Vie ont pratiqué 498 euthanasies. En moyenne, cela revient à 12 euthanasies par médecin, soit une par mois. Au sein de la clinique, la pratique de l'euthanasie devient un acte vertueux dont se targuent les médecins, surtout dans les cas de démence sévère et de patients psychiatriques chroniques », dixit le psychiatre qui s'interroge : « Que se passe-t-il chez un médecin pour qui l'injection létale devient une routine mensuelle ? ».

N'ayant pas pour mission d'offrir un accompagnement thérapeutique aux patients mais bien de répondre le plus largement possible aux demandes d'euthanasies, les médecins de cette clinique ne s'inscrivent pas dans le cadre d'une relation thérapeutique avec leurs patients. Or, le traitement des maladies psychiques nécessite une relation dans la durée.

A un degré avancé de démence, et même si le patient a rédigé des directives anticipées, comment se situer puisqu'il n'est plus en mesure au moment même, de formuler sa demande de façon « volontaire et délibérée » ?   « Peut-on euthanasier un patient dément puisqu'il n'a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver ? Comment peut-on tuer quelqu'un qui ne comprend pas qu'il va être tué ? »

Le Dr. Chabot développe d'autres critiques qui sont ICI


Articles similaires

EUTHANASIE in België : 10  jaar toepassing van de wet van 28 mei 2002

EUTHANASIE in België : 10 jaar toepassing van de wet van 28 mei 2002

- Euthanasie et suicide assisté

Themadossier HIER

1.  Historiek van de euthanasiewet en oorspronkelijke geest van de tekst

2.  Samenvatting van het juridisch kader van de wet van  28 mei 2002

3.  Enkele cijfers uit de rapporten van de Commissie
4. Wetsvoorstellen om het kader rond de euthanasiewet te verbreden
5.  Evaluatie van de toepassing van de wet
5.1.  Inefficiëntie van de controle door de Commissie
5.2.  Extensieve interpretatie van de wettermen
5.3.  De samenstelling van de Commissie
5.4.  Aflevering van euthanati...

Lire la suite

Flash Expert  : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

Flash Expert : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

- Euthanasie et suicide assisté

Le 26 octobre dernier, le Washington Post, publiait un article concernant la pratique de l'euthanasie en Belgique intitulé: « 'What could help me to die ?' Doctors clash over euthanasia ». L'article dévoile la façon dont la psychiatre belge Lieve Thienpont, psychiatre à Gand, traite les demandes d'euthanasie de ses patients. La journaliste américaine en vient à se questionner quant à l'efficacité du contrôle de l'euthanasie en Belgique, puisque, le président de la Commission de Contrôle et d'E...

Lire la suite

"Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

"Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

- Euthanasie et suicide assisté

VIDEO "Euthanasie, Oui? Non? Peut-être ?"

Donner la parole aux professionnels de santé directement touchés par les questions relatives à l'euthanasie, à la fin de vie, et aux soins palliatifs : voici ce que propose l'ouvrage Euthanasie : l'envers du décor, coordonné par le Professeur Timothy Devos, hématologue à la KULeuven. La richesse et la force du livre résident dans le partage de leur vécu, et ils emmènent le lecteur dans la réalité de la fin de vie.

« Les auteurs veulent prévenir les ...

Lire la suite