Pays-Bas : des psychiatres réagissent contre la politique de l’euthanasie actuelle

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 01/12/2017

Les psychiatres néerlandais Bram De Bakker et Esther van Fenema ont initié  une action visant à récolter les signatures d'autres psychiatres inquiets quant à la pratique de l'euthanasie sur des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Leur action fait suite à une émission télévisée  dans laquelle plusieurs spécialistes, notamment le Professeur Jim Van Os et le psychiatre Frank Koerselman, ont critiqué les agissements de la « Levenseinde Kliniek » (« clinique de fin de vie », LEK ci-après). Celle-ci aurait euthanasié des patients psychiatriques alors que tout n'aurait pas été tenté pour les soigner puisqu'aujourd'hui l'éventail de nouvelles thérapies est de plus en plus large.

Plus grave est le fait que ces cas d'euthanasies qui posent question, ont tous été jugés conformes par les commissions de contrôle RTE, à l'exception d'un seul (oordeel n° 2017-24).

Van Os craint le phénomène d'« escalade médicale » de l'euthanasie, à travers une interprétation élastique de la loi, qui permettrait qu'elle soit appliquée de façon de plus en plus large jusqu'à mener à la banalisation de l'euthanasie comme simple acte médical.
Sur les 60 euthanasies de patients atteints de troubles psychiatriques pratiquées en 2016 aux Pays-Bas, 48 l'ont été par la LEK. Celle-ci a d'ailleurs annoncé le mois dernier, chercher à élargir son équipe (actuellement composée de 59 médecins dont 6 psychiatres).

Steven Pleiter, directeur de la LEK, ne comprend pas les critiques adressées à l'encontre de son établissement. Il avance que le nombre important d'euthanasies pratiquées n'est pas dû à un abaissement du seuil d'admissibilité à l'euthanasie, mais à une augmentation de la demande. (Voir Bulletin de l'IEB)
Il affirme que trop souvent en psychiatrie, l'euthanasie demeure un tabou, et estime peu courageuse l'attitude des psychiatres renvoyant leurs patients vers la LEK pour traiter leur demande d'euthanasie.

Cette pétition des psychiatres De Bakker et van Fenema traduit un véritable malaise puisque plus de 60 % des psychiatres néerlandais ont réaffirmé cette année ne pas vouloir faire des euthanasies.

On rappellera qu'en Belgique, ce sont aussi une cinquantaine de psychiatres et psychologues qui viennent de publier une lettre ouverte :  Mogen we nu (eindelijk) vragen stellen over euthanasie bij psychisch lijden?

Celle-ci fait suite à un article paru dans le Washington Post qui souligne les dysfonctionnement de la pratique de l'euthanasie en Belgique. 

Sources : Medisch Contact, NRC. nl

 


Articles similaires

Euthanasie des mineurs votée en Commission

Euthanasie des mineurs votée en Commission

- Euthanasie et suicide assisté

Le projet de loi sur l'euthanasie des mineurs est approuvé en Commission de la Chambre.
Le cdH, CD&V, le VB et la Députée Marie-Christine Marghem (MR) ont  voté contre.
La prochaine étape est le vote en plénier à la Chambre, la date de celui-ci n'étant pas encore fixée.

Lire la suite

Orgaandonatie na euthanasie: is Belgïe een voorbeeld?

Orgaandonatie na euthanasie: is Belgïe een voorbeeld?

- Euthanasie et suicide assisté

Voor sommige patiënten geeft orgaandonatie na euthanasie zin aan een als zinloos ervaren sterven. Deze combinatie roept wel complexe vragen op. Voelt een patiënt zich bijvoorbeeld nog vrij om de euthanasie te weigeren als de voorbereiding voor de orgaandonatie al in volle gang is?
Hoewel de minister van Nederland expliciet ruimte laat voor orgaandonatie na euthanasie, het nieuwe modelprotocol orgaan- en weefseldonatie het mogelijk maakt, en Eurotransplant er criteria voor heeft geformuleerd, i...

Lire la suite

Sur le point d'être euthanasié, un patient psychiatrique guérit grâce à un deuxième médecin

Sur le point d'être euthanasié, un patient psychiatrique guérit grâce à un deuxième médecin

- Euthanasie et suicide assisté

C'est pour la première fois en début de l'année 2019, que le psychiatre Albert Batalla se voit sollicité pour donner un second avis dans le cadre d'une demande d'euthanasie. Le dossier médical qu'il reçoit indique que le patient souffre d'hallucinations psychotiques : cela fait 8 ans qu'il entend perpétuellement des chansons de Saint-Nicolas. Les traitements mis en oeuvre jusqu'ici n'ont produit aucune amélioration, à tel point que le patient demande l'euthanasie pour s'en délivrer.

Pour cela...

Lire la suite