Pays-Bas : aussi l’euthanasie des enfants de moins de 12 ans

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Pays-Bas

Publié le : 18/08/2014

Le docteur Eduard Verhagen, pédiatre à l'UMC de Groningen et auteur du Protocol de Groningen (qui fixe le processus d'euthanasie des nouveaux-nés porteurs d'un handicap - voir dossier IEB), reparle de l'euthanasie des enfants au Pays-Bas.
Actuellement la loi néerlandaise autorise l'euthanasie des enfants de plus de 12 ans ayant la capacité de discernement. L'accord de leurs parents est requis jusqu'à leur 16 ans. La KNMG* qui regroupe 75% des médecins aux Pays-Bas, s'est exprimée  en disant que "Si un médecin agit avec la plus grande prudence, il peut mettre fin à la vie d'un enfant de moins de 12 ans qui aurait exprimé ce désir. Cela se fait déjà actuellement. Toutefois, comme cette demande de l'enfant ne s'inscrit pas dans le cadre légal actuel, on en peut appeler cela « euthanasie », mais "fin de vie sans demande", selon la KNMG.
L'argument utilisé fait référence à l'article 40 du Code pénal, selon lequel on ne peut condamner celui qui agit dans un cas de force majeure. Dans le cas présent, la force majeure résiderait dans l'état d'urgence : empêcher la souffrance insupportable. Selon la KNMG, ce dernier ne peut être atteint dans certains cas qu'en mettant fin à la vie de l'enfant.
Un nouveau seuil de la discussion s'ouvre donc aux Pays-Bas puisque c'est à présent pour les enfants de moins de 12 ans que se pose la question de la dépénalisation. Cette évolution et développement de la "pente glissante" a été facilité par le changement de la loi en Belgique février dernier, puisque la loi belge dépénalisant l'euthanasie pour les enfants ne fixe aucune limite d'âge pour ceux-ci.

*Koninklijke Nederlandsche Maatschappij tot bevordering der Geneeskunst

Articles source: Volkskrant et Artsennet.nl

 

 


Articles similaires

Belgique : euthanasie des mineurs

Belgique : euthanasie des mineurs

- Euthanasie et suicide assisté

Les mêmes auteurs ont également déposé le 28 octobre 2010 une proposition de loi relative à l'euthanasie des mineurs.

Ils proposent que tout mineur ayant la faculté de discernement (12 ans) puisse demander l'euthanasie dans les mêmes conditions qu'une personne majeure. La décision serait prise en accord avec les parents et une équipe médicale composée au moins du médecin traitant, de l'infirmier traitant, d'un pédopsychologue ou d'un psychiatre et d'un assistant social.

 Si le mineur n'a pas...

Lire la suite

Normaliser  et rendre obligatoire la pratique de l’euthanasie quelle que soit l’institution ?

Normaliser et rendre obligatoire la pratique de l’euthanasie quelle que soit l’institution ?

- Euthanasie et suicide assisté

Réagissant à la déclaration des évêques de Belgique, certaines associations partenaires de la Mutualité socialiste parmi lesquelles Espace Seniors, Latitude Jeunes et l'Association socialiste de la personne handicapée (ASPH), regrettent que "les évêques continuent à présenter les soins palliatifs comme une alternative à l'euthanasie".
De plus, elles jugent "inadmissible" qu'une personne en fin de vie doive parfois être transférée d'une institution vers une autre pour bénéficier de l'euthanasie...

Lire la suite

Canada : la ministre de la santé réagit au taux d’euthanasie en forte augmentation

Canada : la ministre de la santé réagit au taux d’euthanasie en forte augmentation

- Euthanasie et suicide assisté

Depuis la légalisation de l'aide à mourir (AMM) en décembre 2015, 1.829 Québécois l'ont officiellement réclamée, et 1.215 (66 %) l'ont officiellement obtenue.

Entre 2016 et 2017, le nombre de personnes décédées avec l'aide d'un médecin y a augmenté de 58 %. En 2017, au Canada, près d'un décès sur 100 est survenu suite à une demande d'AMM, et au Québec, il s'agit d'une personne sur 50.

Le Dr Claude Rivard, médecin spécialisé en soins palliatifs en Montérégie, région où les médecins ont dû pra...

Lire la suite