Pays-Bas : 4 nouvelles euthanasies sous enquête pénale

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 09/03/2018

En 2017, les Commissions régionales de contrôle de l'euthanasie néerlandaises (RTE) ont jugé 12 cas (sur les 6.585 déclarés) non-conformes aux exigences de la loi de 2002. 10 dossiers ont déjà été examinés par le Ministère Public, et sur ceux-ci, 4 font désormais l'objet d'une enquête pénale.

Deux des 4 euthanasies sous enquête ont été pratiquées par un même médecin gériatre, de la « Levenseindekliniek ». Il a euthanasié une personne atteinte d'Alzheimer sur base de sa déclaration anticipée, sans pouvoir démontrer qu'elle se plaignait de souffrances et avait à un moment confirmé sa volonté de mourir avant qu'il ne passe à l'acte. Aucun des trois autres médecins impliqués dans la procédure n'avaient par ailleurs jugé insupportable sa souffrance. (Voir ICI)

L'autre personne souffrait de polypathologie, et a été euthanasiée alors que souffrance était encore apaisable, a jugé le RTE.

La troisième personne euthanasiée souffrait également de polypathologie. Son médecin, insistant d'abord qu'elle rencontre un spécialiste des affections pulmonaires, avait fini par accepter de l'euthanasier. Les RTE lui ont reproché d'avoir évalué « trop à la légère » le caractère inapaisable de ses souffrances.

La quatrième personne, atteinte de cancer, était en soins palliatifs et tombée dans le coma l'avant-veille de son euthanasie, sans déclaration anticipée d'euthanasie. Le médecin reconnaît avoir subi des pressions de la part de la famille. 

Dans ces 3 derniers cas d'euthanasie, les médecins SCEN (dont le rôle est de donner un second avis indépendant sur une demande d'euthanasie) avaient donné leur approbation.

Ces enquêtes ne mèneront pas nécessairement à un procès pénal, prévient le Ministère public. Cette décision reviendra, en fin d'enquête, au Collège des Procureurs Généraux.

René Héman, président de la KNMG (Association royale des médecins des Pays-Bas) réagit en insistant qu' « il s'agit là de sujets complexes, notamment l'euthanasie pour cause de démence avancée ou de souffrance inapaisable… Médecins, juristes et grand public en débattent depuis très longtemps. Une norme claire est cruciale tant pour la sécurité juridique des médecins que pour la population, afin de préserver sa confiance dans le corps médical et la pratique d'euthanasie néerlandaise ».

 Source : Medisch Contact



Articles similaires

Pays-Bas : euthanasies en hausse / analyse du rapport annuel

Pays-Bas : euthanasies en hausse / analyse du rapport annuel

- Euthanasie et suicide assisté

Le Rapport annuel 2014 des 5 Commissions régionales qui contrôlent la pratique de l'euthanasie aux Pays-Bas, récemment publié, fait état d'une hausse de 10% des cas rapportés par rapport à 2013, année pour laquelle une hausse des cas de 15% avait déjà été rapportée.
Il ressort de la lecture du rapport, que la grande majorité des personnes euthanasiées l'ont été à leur domicile (4309 personnes). 171 autres ont fini leurs jours à l'hôpital et 826 dans d'autres structures (maisons de repos, maiso...

Lire la suite

Euthanasie: des propositions de loi qui ne sont pas nouvelles...

Euthanasie: des propositions de loi qui ne sont pas nouvelles...

- Euthanasie et suicide assisté

A l'occasion d'un symposium organisé dernièrement à Bruxelles pour marquer le dixième anniversaire de l'euthanasie en Belgique, deux sénatrices socialistes flamandes, Myriam Vanlerberghe et Marleen Temmerman ont annoncé qu'elles déposeraient dans le courant du mois de mai des propositions de loi visant à étendre la possibilité de l'euthanasie aux mineurs et aux déments.
Cette nouvelle, reprise par les principaux médias belges n'en est pourtant pas une.
Rappelons ici que Myriam Vanlerberghe av...

Lire la suite

1.	Vingt cinq enfants euthanasiés en Belgique ?

1. Vingt cinq enfants euthanasiés en Belgique ?

- Euthanasie et suicide assisté

Selon une étude de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) récemment publiée dans l' « Américan Journal of Critical care », l'euthanasie des enfants serait une réalité dans les unités de soins intensifs pédiatriques. Sur les 89 infirmières qui ont accepté de participer à l'étude, 76 affirment être intervenues au cours des deux dernières années dans un cas ou il y aurait eu décision d'interrompre la vie d'un petit malade. 89 % de ces soignants estiment que l'euthanasie devrait pouvoir être demandée...

Lire la suite