Pays-Bas : 4.7 milliards d’euros par an pour soigner les malades atteints de troubles psychiatriques

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 21/08/2017

Tout comme c'est le cas en Belgique, les Pays-Bas avalisent, à certaines conditions, l'euthanasie des personnes atteintes de troubles psychiatriques et qui demanderaient qu'un médecin provoque leur mort.
C'est dans ce cadre que sortent deux informations chiffrées. La première n'est pas directement reliée à l'euthanasie, mais interpelle toutefois : selon le centre sur les soins de santé Vektis, il y aurait eu en 2015 aux Pays-Bas, 221.000 malades psychiatriques graves (215.000 en 2014) qui chacun coûterait 21.000 euros par an à l'Etat. Les chercheurs de Vektis ont allignés les chiffres par région, par sexe (53% de femmes), par maladie (schizophrénie, autisme, dépression, troubles de la personnalité,..) et selon le traitement prescrit et prise en charge : dont côut total annuel de 4,7 milliards d'euros.

La deuxième information chiffrée est relatie à un appel de la fédération des médecins, la KNMG (Koninklijke Nederlandsche Maatschappij tot bevordering der Geneeskunst) qui recrute 650 médecins SCEN (Steun en Consultatie bij Euthanasie in Nederland - Soutien et consultation pour une euthanasie aux Pays-Bas). Les médecins SCEN sont généralistes ou spécialistes, gériatres ou autre spécialisation, depuis plus de 5ans. Après une formation de deux jours, et lorsque leur motivation est avérée, ces médecins conseils soutiendront des confrères qui pratiqueront l'euthanasie de leurs patients. Le médecin SCEN agit et conseille avant l'euthanasie ; il étudie le dossier et visite le patient en question, et rédige ensuite un rapport affirmant que les exigences de la loi dépénalisant l'euthanasie sont remplies. Suite à cela, le médecin traitant provoquera la mort de la personne qui l'a demandée. Au total, on estime qu'un médecin SCEN passe en moyenne 4 heures pour chaque dossier et pourra réclamer 373.04 euros par dossier.

Pour mémoire, il y a eu 6091 euthanasies et suicides assistés déclarés officiellement aux Pays-Bas. Le recrutement de nouveaux médecins SCEN est sans doute nécessaire pour faire face aux projections futures de demandes d'euthanasies. De plus en plus, les euthanasies sont demandées par les personnes âgées ou atteinte de démence mais aussi par les malades psychiatriques, dont le nombre cité ci-dessus est croissant.

Voir synthèse du rapport et derniers chiffres disponibles : ICI
A noter qu'en Belgique, les médecins conseils ne sont pas toujours rémunérés, sauf s'ils se sont faits agréés par le « Pouvoir Organisateur », structure mise en place par les lobbies LEIF et EOL, et financé par l'INAMI (Bulletin de l'IEB).

De plus, en Belgique encore, l'avis du ou des médecins conseils n'est pas contraignant pour le médecin qui pratiquera l'euthanasie. Celui-ci ne sera pas inquiété même si un confrère juge que les conditions légales ne sont pas remplies. A noter également que le rapport éventuel du médecin conseil ne sera pas consultable pa les membres de  la Commission de contrôle puisque le résumé qui en est fait, l'est par le seul médecin qui aura euthanasié son patient; il sera donc difficile de voir si les appréciations des médecins impliqués étaient convergentes. Cet élément de non-contrôle de la loi belge pose une réelle question.

Source: Medisch contact


Articles similaires

Euthanasie pour troubles psychiatriques ou démence en Belgique : analyse des cas reportés

Euthanasie pour troubles psychiatriques ou démence en Belgique : analyse des cas reportés

- Euthanasie et suicide assisté

Nouveau Flash Expert !

Une étude, publiée dans le BMC Psychiatry a pour but d'observer l'évolution du nombre de cas d'euthanasie reportés concernant les patients atteints de maladies psychiatriques ou de démences entre 2002 et 2013. Quelles sont les caractéristiques démographiques et cliniques de ces patients ? Quelles ont été les caractéristiques du processus dans la prise de la décision d'euthanasie chez ces patients ?
L'Etude en question se base pour son analyse sur les rapports de la Comm...

Lire la suite

OMS : l’Assemblée Mondiale de la Santé encourage les soins palliatifs pour les malades du cancer

OMS : l’Assemblée Mondiale de la Santé encourage les soins palliatifs pour les malades du cancer

- Euthanasie et suicide assisté

Le mercredi 31 mai 2017 s'est clôturée la 70ème Assemblée Mondiale de la Santé. Les délégués des Etats membres y ont approuvé un ensemble de mesures visant à améliorer la lutte contre le cancer et ont notamment souligné l'importance des soins palliatifs. En effet, l'OMS reconnaît l'efficacité des soins palliatifs qui « permettent d'atténuer les problèmes physiques, psychosociaux et spirituels chez plus de 90% des malades du cancer à un stade avancé. »

Le cancer est la deuxième cause de décès...

Lire la suite

Avis du Comité de Bioéthique: euthanasie pour fatigue de vivre et pour maladies psychiatriques

Avis du Comité de Bioéthique: euthanasie pour fatigue de vivre et pour maladies psychiatriques

- Euthanasie et suicide assisté

Peut-on euthanasier les patients qui ne sont pas en phase terminale, qui souffrent psychiquement ou qui sont atteints d'une maladie psychiatrique ?
Ce sont les fondements de la loi euthanasie qui sont mis en question par le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB)  dans l'Avis n° 73 qui vient d'être publié.

Ce document de 88 pages met le doigt sur les dysfonctionnements de la loi euthanasie en Belgique : si la demande d'euthanasie se base sur le concept de souffrance, comment la dé...

Lire la suite