Pas besoin d’élargir la loi dépénalisant l’euthanasie estime un défenseur de celle-ci.

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Belgique

Publié le : 24/02/2012

Dans une longue interview parue dans le Journal du médecin du 17 février 2012, le Dr Lossignol, coordinateur du forum francophone EOL (End Of Life) et chef du service des soins supportifs à l'Institut Bordet, membre de l'ADMD (Association du droit de mourir dans la dignité) exprime ses réticences quant au bien-fondé d'un élargissement de la loi votée en 2002.
Le Dr Lossignol estime qu'il faut d'abord s'assurer que le monde médical connaît bien le cadre légal actuel, ce qui n'est pas encore le cas selon lui. « Je pense en effet qu'il faut d'abord penser à mieux former et informer les médecins (à la pratique de l'euthanasie) avant de songer à élargir le cadre légal, à construire des cliniques de l'euthanasie, car ces dernières auraient pour effet de déresponsabiliser certains médecins et d'en stigmatiser d'autres ». (...) « Enfin, il faut aussi se méfier d'un effet pervers que pourrait comporter un élargissement de la loi, qui imposerait de nouveaux critères, de les multiplier et de rendre probablement dans certains cas la loi inapplicable cliniquement parce que ces critères deviennent trop complexes. La loi en tant que telle, comme elle existe aujourd'hui, est déjà très bien construite. Elle répond à la grande majorité des cas et chacun d'eux est dûment réévalué par la commission fédérale de contrôle et d'évaluation », analyse Dominique Lossignol.
Avis qui n'est pas partagé par d'autres médecins, tel le Dr Philippe Maassen, s'exprimant dans « Tempo Médical » de décembre 2011, et  qui défend le « droit » à l'euthanasie « pour les personnes se sachant atteintes de démence, les mineurs « capables de discernement » mais aussi des personnes souffrant de façon intolérable et inapaisable, et qui en raison de leur trop jeune âge ou de leur handicap mental, ne peuvent exprimer leur demande d'euthanasie avec le discernement voulu. »
 Le concept d' « état de nécessité » est aujourd'hui avancé par certains et notamment par le Dr Englert : « Quand il s'agit de nouveau-nés ou de tout jeunes enfants incapables de formuler cette demande, l'arrêt actif de la vie n'est pas une euthanasie mais un acte qui résulte du constat qu'on se trouve devant un état de nécessité, comme les arrêts actifs de vie d'adultes inconscients n'ayant pas rédigé de demande anticipée d'euthanasie.» (site de l'ADMD)


Articles similaires

Vers l’euthanasie au Québec

Vers l’euthanasie au Québec

- Euthanasie et suicide assisté

Le Québec a adopté le 5 juin 2014, à 94 voix contre 22, une loi concernant les soins en fin de vie englobant les soins palliatifs et une « aide médicale à mourir ». Cette loi, qui ne concerne que la province du Québec et qui ne sera pas appliquée avant 18 mois, devrait être contestée par le gouvernement fédéral dans la mesure où l'euthanasie et le suicide assisté y sont interdits par le code pénal canadien.
Plusieurs ministres libéraux se sont opposés à cette loi dont Christine Saint Pierre, m...

Lire la suite

Le médecin démissionnaire de la Commission euthanasie expose ses motifs

Le médecin démissionnaire de la Commission euthanasie expose ses motifs

- Euthanasie et suicide assisté

Le Docteur Ludo Vanopdenbosch expose les raisons de sa démission de la Commission fédérale de contrôle de l'euthanasie dans une lettre adressée au Parlement belge. En voici le texte en français
et en néerlandais.

Pour rappel, ce médecin, spécialiste en neurologie et soins palliatifs, a démissionné suite à la décision de la CFCEE de ne pas renvoyer vers la justice le dossier d'une dame atteinte d'une maladie dégénarative, dont le médecin a provoqué intentionellement la mort sans qu'elle l'ait ...

Lire la suite

Belgique: les infirmiers face à l'euthanasie

Belgique: les infirmiers face à l'euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

La seconde étude, tout aussi intéressante, a été réalisée par Els Ingelbrecht, qui a interrogé 1265 infirmiers. Ici aussi se confirme le fait que 120 infirmiers ont vu leur patient mourir suite à l'administration de substances euthanasiantes. Dans 45% des cas, ce sont ces infirmiers (principalement masculins) qui ont administré les produits, et non le médecin lui-même, en dépit de l'exigence légale. Les morts provoquées sans être demandées par le patient concernent des personnes de plus de 80 ...

Lire la suite