Nouvelle-Zélande : la dépénalisation de l’euthanasie confirmée par référendum

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 11/11/2020

Auteur / Source : electionresults.govt.nz

A l'occasion des élections du 17 octobre dernier, les Néo-Zélandais étaient amenés à se prononcer sur l'entrée en vigueur de la loi sur l'euthanasie votée par le Parlement un an plus tôt. Cette dépénalisation de l'euthanasie a recueilli 65 % des suffrages, comme il ressort des résultats définitifs parus le 6 novembre.

 

Cette loi, intitulée ‘End of Life Choice Act' (loi sur le choix de fin de vie), entrera ainsi en vigueur le 6 novembre 2021. Les détails de sa mise en oeuvre seront déterminés par la commission établie à cette fin par le Ministre de la Santé. Intitulée SCENZ (Support and Consultation for End of Life in New Zealand), cette commission s'inspire de celles mises sur pied dans les pays ayant déjà dépénalisé l'euthanasie, à l'instar des Pays-Bas, de la Belgique et du Canada, censées contrôler la légalité de chaque euthanasie déclarée et évaluer périodiquement la loi en la matière.

 

Vers un assouplissement de la loi à brève échéance ?

Telle que votée en 2019 et confirmée par le référendum d'octobre dernier, la loi dépénalise l'euthanasie pour les personnes en maladie terminale ayant « probablement » moins de six mois à vivre, et dont les « souffrances insupportables ne peuvent être soulagées d'une manière que la personne estime tolérable ». Dans le cas où le déclin des capacités physiques de la personne est jugé irréversible, celle-ci peut demander que lui soit administrée une dose létale, ou se l'administrer elle-même (suicide assisté), afin de précipiter sa mort.

Selon Renée Joubert, responsable de l'organisation Euthanasia-Free New Zealand, il faut toutefois garder à l'esprit que la proposition de loi initiale prévoyait l'accès à l'euthanasie pour les personnes malades qui ne sont pas en fin de vie, mais se trouvant dans une « situation médicale grave et irrémédiable ». A ses yeux, une telle extension pourrait être rapidement rediscutée par le Parlement, en particulier à l'occasion de la première évaluation de la loi, trois ans après son entrée en vigueur. Ce scénario d'une rapide « pente glissante » (voy. l'article du New Zealand Medical Journal en ce sens) est d'autant plus probable qu'il correspond à l'assouplissement de la loi tel que rencontré dans chacun des pays ayant à ce jour dépénalisé l'euthanasie.

 

Large opposition des médecins

Le ‘oui' exprimé par la majorité de la population néo-zélandaise contraste quoi qu'il en soit avec les réticences importantes exprimées par les médecins du pays à l'égard de cette loi. Plus de 1800 médecins ont ainsi signé la pétition ‘Doctors Say No' (voy. Bulletin IEB), exprimant leur refus de participer à l'administration volontaire de la mort à leurs patients. Un sondage publié en 2017 indiquait déjà que 58 % des médecins néo-zélandais étaient opposés à l'euthanasie. Des 37 % alors considérés comme favorables à une telle légalisation, il semble d'ailleurs que d'aucuns n'avaient pas connaissance de certaines distinctions, telles que la différence entre sédation palliative terminale et euthanasie.

 

Enfin, rappelons que la loi prévoit une clause de conscience permettant à chaque médecin de refuser d'être impliqué dans une euthanasie. Quant à l'exclusion générale de la pratique de l'euthanasie au sein d'un établissement de santé, un jugement déclaratoire prononcé par la Haute Cour de Nouvelle-Zélande en juin 2020 avait confirmé la légitimité d'une telle exclusion de l'euthanasie fondée sur l'éthique de l'institution (voy. Bulletin IEB). Cette possibilité devra néanmoins être formalisée par la commission SCENZ d'ici l'entrée en vigueur de la loi.

 

Crédits photo : Herald Network Graphic


Articles similaires

Europese bezorgdheid over euthanasieplan­nen Bel­gië

Europese bezorgdheid over euthanasieplan­nen Bel­gië

- Euthanasie et suicide assisté

61 leden van de Par­lemen­taire Ver­gader­ing van de Raad van Europa hebben een verk­lar­ing ondertek­end die uit­drukking geeft aan grote bezorgdheid voor de Bel­gis­che plan­nen tot uit­brei­d­ing van de euthanasie naar kinderen, zon­der leefti­jds­grens. Zij rea­geren daarmee op de stem­ming in de Bel­gis­che Senaat in decem­ber van het afgelopen jaar.
De onderteke­naars herin­neren aan een aan­bevel­ing uit 1999 van het Comité van Min­is­ters (de min­is­ters van buiten­landse zaken van de ...

Lire la suite

Nouvelle parution : "Euthanasia: Searching for the Full Story"

Nouvelle parution : "Euthanasia: Searching for the Full Story"

- Euthanasie et suicide assisté

Les auteurs du livre Euthanasie, l'envers du décor, paru aux Editions Mols en 2019, sont heureux de vous annoncer la publication de sa traduction en anglais. Cet ouvrage collaboratif rassemble leurs expériences de terrain en tant que professionnels de santé sur la pratique de l'euthanasie en Belgique depuis sa dépénalisation il y a 19 ans.

Partout dans le monde, le débat scientifique autour de l'euthanasie et du suicide assisté est de plus en plus passionné. Cet ouvrage a pour objectif de met...

Lire la suite

Belgique : près de la moitié des demandes d'euthanasie accordées

Belgique : près de la moitié des demandes d'euthanasie accordées

- Euthanasie et suicide assisté

Un sondage réalisé en Belgique auprès de 914 médecins par les groupes de recherche en soins palliatifs de l'université de Libre de Bruxelles et de l'université de Gand révèle que 48% des demandes d'euthanasie ont été accordées depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'euthanasie, en 2002.
39% des médecins interrogés disent avoir eu au moins une demande depuis la légalisation de la loi dans le pays. Après avoir souhaité être euthanasié, 10% des patients ont changé d'avis. Le sondage note que l...

Lire la suite