Malaise par rapport à certains médecins français qui euthanasient leurs patients en Belgique

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 02/11/2018

Dans un avis par lettre du 28 octobre, le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique s'est montré divisé sur la question de savoir si un médecin établi à l'étranger mais autorisé à exercer sur le sol belge, peut venir en Belgique avec son patient qui demande l'euthanasie, « et le faire admettre dans un centre de court séjour belge ou dans une maison de repos et de soins belge afin de l'y euthanasier ».

Le cas soumis au Comité était celui d'un médecin français qui se rendait régulièrement avec des patients du nord de la France en Belgique, pour accéder à leur demande d'euthanasie. Si certains membres du Comité ont estimé qu'il n'y avait aucun inconvénient éthique à cette pratique, d'autres ont néanmoins exprimé leur crainte que « l'acceptation occasionnellement donnée dans ces centres ouvre la porte à une pratique qui pourrait rapidement devenir une habitude », favorisant ainsi une sorte de tourisme euthanasique et de réseau organisé.

Le Comité a énuméré un ensemble « d'exigences de diligence raisonnable » dont les personnes et centres concernés devraient tenir compte avant d'accéder à une telle demande d'euthanasie en s'assurant que la loi sur l'euthanasie soit respectée : « quel est le contexte de la demande d'euthanasie ? Existe-t-il d'autres options ? Quel est l'entourage familial de la personne qui demande l'euthanasie ? Quel est l'encadrement infirmier»

Plusieurs membres se sont aussi montrés inquiets par rapport aux centres de court séjour ou aux maisons de repos et de soins où la mort serait provoquée, faisant remarquer que « le fait d'y envoyer un patient dans le seul but de pratiquer l'euthanasie ne correspond pas aux objectifs poursuivis par ces centres»

Enfin, tous les membres du Comité ont souligné l'importance de respecter la loi relative aux droits des patients et la loi relative aux soins palliatifs, se demandant si ces réglementations étaient suffisamment connues des médecins étrangers.

Pour rappel, le dernier rapport de la Commission euthanasie (années 2016-2017) mentionne 23 patients résidant à l'étranger qui ont été euthanasiés en Belgique. (Voir la Note de synthèse de l'IEB)

Source : avis par lettre du CCBB


Articles similaires

Belgique: étude de la pratique de l'euthanasie

Belgique: étude de la pratique de l'euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Une équipe de la VUB (Vrij Universiteit Brussel) qui se spécialise dans l'analyse et la médiatisation de données relatives à la fin de vie, a publié récemment une nouvelle étude dans le British Medical Journal. (Smets et al., Reporting of euthanasia in medical practice in Flanders, Belgium : cross sectional analysis of reported and unreported cases).
Sur base des réponses à un questionnaire envoyé aux médecins, et par extrapolation, les auteurs considèrent que, en 2007en Flandre, 1,9% des décè...

Lire la suite

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

- Euthanasie et suicide assisté

Ce mardi 8 décembre 2015, 65 spécialistes ont publié dans  De Morgen et dans La Libre, une carte blanche dénonçant l'euthanasie pour souffrances psychiques, pointant "l'impossibilité d'en objectiver l'incurabilité". « Nous voyons, par exemple, comment certaines personnes qui ont été déclarées incurables et qui, sur cette base, ont obtenu le droit à une euthanasie, y renoncent parfois finalement quand de nouvelles - et fragiles - perspectives se font jour. Ceci prouve paradoxalement que la mala...

Lire la suite

Royaume-Uni : l’Association des Médecins Britanniques opposée à toute forme de suicide assisté

Royaume-Uni : l’Association des Médecins Britanniques opposée à toute forme de suicide assisté

- Euthanasie et suicide assisté

Lors de sa dernière assemblée générale, la « British Medical Association » a rendu un avis sur le suicide assisté. Elle y indique sa ferme opposition à toute forme de suicide assisté, réaffirmant le bien-fondé de l'actuel régime juridique. De plus, la BMA encourage les établissements à mettre en place des structures de soins palliatifs adaptées et accessibles à tous et qui permettent de répondre à la souffrance des personnes en leur assurant une mort dans des conditions dignes.
La BMA est une ...

Lire la suite