La branche belge des Frères de la Charité se rebelle et confirme sa position relative à l'euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 12/09/2017

Fondée en 1807, la Congrégation des Frères de la Charité est une association  de consacrés et de laïcs dont le charisme ("Le Père Triest et sa perceptions des bons soins"), déployé dans le monde entier, est de prendre soin des personnes fragilisées par la maladie mentale. En Belgique, ce sont près de 5000 personnes malades qui sont accompagnées quotidiennement dans treize institutions psychiatriques du pays.

 

En Avril 2017, le Conseil d'Administration, constitué majoritairement de onze laïcs et de seulement trois Frères de la Charité, avait publié sa décision de rendre possible l'euthanasie des malades psychiatriques qui le demanderaient, même s'ils ne se trouvaient pas en fin de vie.

Le supérieur Général au niveau mondial des Frères de la Charité, le Frère René Stockman, avait réagi immédiatement par communiqué de presse soulignant combien cette décision ne mettait plus le respect de la vie au coeur des soins, et de plus, était en totale contradiction avec l'Enseignement de l'Eglise catholique de laquelle se revendiquent pourtant les membres du Conseil d'Administration.

Confirmé dans ses démarches par les responsables de l'Eglise à Rome, le Frère Stockman avait demandé au Conseil d'Administration de revoir sa position, faute de quoi, en tant que responsable mondial de la Congrégation, il devrait prendre des mesures juridiques pour les institutions belges des Frères de la Charité (15.000 personnes y travaillent). Le Pape François avait rappelé qu'une euthanasie constitue le « meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine ». En date du 10 août, la Salle de presse du Saint-Siège confirmait que le pape avait pris le dossier en main et qu'il avait bien demandé à la communauté belge des Frères de la charité de renoncer à laisser pratiquer l'euthanasie sur des patients qui résident dans leurs centres psychiatriques.

Ce 12 Septembre 2017, se rebellant ouvertement, le Conseil d'Administration a réaffirmé sa position comme quoi les malades psychiatriques pourront être euthanasiés dans ses implantations belges.

Voulant justifier leur position, les responsables ont publié une synthèse reformulant une nouvelle éthique qui veut « prendre en compte le changement et les évolutions au sein de la société ». Ils la détaillent en deux pages et la considèrent « conforme à la doctrine de l'Eglise catholique ». Selon le Prof. et Dr. Axel Liégeois de la KuLeuven, en charge de "l'éthique" chez les Frères de la Charité, la protection de la vie est « une valeur fondamentale mais plus absolue ».

Le Frère René Stockman s'attriste du fait que « le Conseil d'Administration n'aurait plus l'intention de négocier le contenu de son texte.»

 

Flash Expert de l'IEB : " Euthanasie pour troubles psychiatriques ou démence en Belgique : analyse des cas officiellement reportés"


Articles similaires

Belgique : les médecins ont euthanasié 2 enfants et un adolescent

Belgique : les médecins ont euthanasié 2 enfants et un adolescent

- Euthanasie et suicide assisté

Agés de 9, 11 et 17 ans, ils ont été euthanasiés entre janvier 2016 et décembre 2017.

C'est ce que révèle le huitième rapport de la Commission fédérale de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie , couvrant la période 2016-2017. L'adolescent de dix-sept ans était atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne, et le petit garçon de neuf ans avait une d'une tumeur au cerveau. Quant à l'enfant de 11 ans, il était atteint de fibrose kystique.

C'est en juillet 2014 que le gouvernement a voté l'...

Lire la suite

Les demandes d’euthanasie à la “Levenseindekliniek” augmentent chaque année

Les demandes d’euthanasie à la “Levenseindekliniek” augmentent chaque année

- Euthanasie et suicide assisté

En 2017, 2500 personnes ont contacté la clinique de fin de vie aux Pays-Bas (« Levenseindekliniek » - LEK) parce qu'elles souhaitaient se faire euthanasier. Pour rappel, la LEK accueille principalement des patients qui ne trouvent pas d'autre médecin désirant donner suite à leur demande d'euthanasie.

Ceci représente une augmentation de 38 % des demandes par rapport à 2016. La clinique a approuvé la demande de près d'une personne sur 3,  soit 747 personnes.

Parmi celles-ci, 239 personnes (soi...

Lire la suite

Le médecin appelé pour le deuxième avis euthanasie gagnera 160 euros

Le médecin appelé pour le deuxième avis euthanasie gagnera 160 euros

- Euthanasie et suicide assisté

Le thérapeute consulté pour le deuxième avis en matière d'euthanasie peut désormais facturer 160 euros. L'INAMI a donné son autorisation pour une convention avec le consortium des asbl Leif (LevensEindeInformatieForum) et  EOL (End Of Life doctors). Le budget annuel prévu s'élève à 199.700 euros pour rémunérer le deuxième avis en matière d'euthanasie.
Le consortium "LEIF -EOL", qui a travaillé à cette convention et en est le seul candidat, devra mettre en place un comité médical où seront impl...

Lire la suite