L’euthanasie est désormais possible dans un Etat Australien

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 20/06/2019

Auteur / Source : L’Obs , News.com.au , Parliament of Victoria , Washington Post

Dans les prochains jours, l'État de Victoria pourrait connaître ses premières euthanasies légales. Situé au sud-est de l'île principale d'Australie, l'entité avait en effet adopté une loi controversée sur le sujet en novembre 2017 (Voir News : Etat de Victoria : Un pas vers la dépénalisation de l'euthanasie). Dix-huit mois plus tard, la loi est entrée en vigueur, mercredi 19 juin.

Les six Etats composant l'Australie disposent en effet de leurs propres parlements, et de la compétence législative en matière de santé. Le parlement de Victoria, à Melbourne, est le premier à légiférer sur la question, après plusieurs rejets de lois similaires en Australie. Il est toutefois probable que d'autres Etats modifient également leur législation, à la suite du Victoria.

Les conditions d'accès à l'euthanasie sont réglementées. Un seul hôpital dans l'Etat est habilité à produire les injections léthales. Surtout, seuls les citoyens australiens adultes, en capacité de prendre une décision sur le sujet et dont la mort devrait advenir dans l'année pourront demander l'euthanasie, si leur souffrance est jugée « intolérable ». Ils devront émettre trois requêtes claires, étant assistés dans leur décision par trois médecins. Un comité est également prévu pour contrôler chaque cas, mais rétrospectivement, soit après la mort du patient. Une clause de conscience est prévue pour les soignants qui s'y opposeraient.

Toutefois, ces mesures ne constituent qu'une digue fragile contre les dérives de l'euthanasie, selon le Professeur John Keown, de l'université de Georgetown, qui dénonce la pente glissante sur laquelle s'engage le Victoria. Il précise ainsi que, dans d'autres pays, des lois autorisant un accès restreint à l'euthanasie ont, finalement, fait office de portes ouvertes à une euthanasie de moins en moins encadrée.

Denise Cameron, présidente de l'organisation Pro-Life Victoria et ancienne infirmière a elle aussi dénoncé l'entrée en vigueur d'une loi qui ne tient pas compte de la forte opposition du milieu médical. L'importante organisation Catholic Health Australia a indiqué, par l'intermédiaire de sa directrice générale Suzanne Greenwood, que ses hôpitaux refuseraient l'euthanasie, mais accepteraient d'organiser le transfert de leurs patients la réclamant.


Articles similaires

Nouveau Dossier : Fatigue de vivre et euthanasie : où en est la réflexion en Belgique ?

Nouveau Dossier : Fatigue de vivre et euthanasie : où en est la réflexion en Belgique ?

- Euthanasie et suicide assisté

Nouveau Dossier  !

La fatigue de vivre bouscule et interroge de plus en plus le corps médical et l'opinion publique quant à ses causes et ses conséquences.

En août 2017, désirant ouvrir un débat officiel sur la question, le député Jean-Jacques De Gucht (Open-VLD) a proposé d'élargir la loi dépénalisant l'euthanasie à toute personne qui exprime éprouver une « fatigue de vivre » (« levensmoeheid »), sans pour autant être atteinte par une affection ou maladie quelconque. Le député travaille de...

Lire la suite

Élargissement de l'euthanasie du côté flamand : vite et fort :

Élargissement de l'euthanasie du côté flamand : vite et fort :

- Euthanasie et suicide assisté

Une large majorité semble se dégager, surtout du côté flamand, en faveur d'un texte de consensus pour un élargissement de la loi autorisant l'euthanasie sous certaines conditions aux mineurs. Jean-Jacques De Gucht (Open VLD - photo) a demandé qu'outre la poursuite des auditions, les commissions entament également une discussion politique sur les points qui ont déjà été abordés lors des auditions précédentes, ce qui est le cas pour les mineurs. 
Guy Swennen (SP.A) a également plaidé en ce sens....

Lire la suite

Clinique de la fin de vie ou clinique de l’euthanasie ?

Clinique de la fin de vie ou clinique de l’euthanasie ?

- Euthanasie et suicide assisté

Les déclarations à propos d'une clinique de l'euthanasie du Dr Distelmans ont provoqué, en janvier 2011, un tollé général. (Bulletin de l'IEB) On croyait le dossier enterré. Or voici que l'UZ Brussel (VUB) met sur pieds avec l'Academisch Medisch Centrum Wemmel une initiative pour  "encadrer" les patients terminaux ou incurables.
L'objectif de celle-ci serait d'instaurer une "consultation de seconde ligne"  (médecins et infirmières formés à la pratique de l'euthanasie) pour les patients souffra...

Lire la suite