L’euthanasie en Colombie : pratiquée mais pas légalisée

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 28/04/2021

Auteur / Source : IEB ; diariojuridico.com (9/4/2021) ; agenciapi.com (8/4/2021)

Le 8 avril en Colombie, le parlement a de nouveau rejeté une proposition de loi pour légaliser l'euthanasie. Déposé par le député libéral Juan Fernando Reyes Kuri, le texte proposait d'autoriser l'euthanasie pour les personnes qui souffrent de façon intolérable en raison d'une maladie incurable ou d'une maladie en phase terminale. 

 

Dans un arrêt de 1997, la Cour constitutionnelle colombienne avait déjà reconnu la possibilité de « l'homicide par compassion » en cas de souffrances intenses faisant suite à des lésions corporelles, ou une maladie grave ou incurable. Elle invitait le législateur à réglementer au sujet de la « mort digne ». En l'absence de loi, la Cour réitère sa position en 2014, reconnaissant cette fois-ci un droit à mourir « dignement » et énumérant trois conditions principales auxquelles devrait satisfaire la loi :  pour éviter des poursuites pénales à la suite d'une euthanasie, il faut que la personne souffre d'une maladie en stade terminal, que son consentement à l'euthanasie soit clair, libre et éclairé, et que l'euthanasie soit pratiquée par un médecin.  

 

Depuis lors, le législateur, représentant du peuple colombien, n'est toujours pas parvenu à voter une loi pour encadrer la pratique de l'euthanasie. Une centaine d'euthanasies ont pourtant été pratiquées depuis 2015, en suivant une réglementation édictée par le Ministère de la santé. 

 

Lors des débats au sein du Congrès, la députée Angela Sanchez Leal (Partido Cambio Radical) a invité les parlementaires à rejeter le texte, soulignant que l'euthanasie décourage la recherche en matière de technologies et de traitements pour parvenir à la gestion de la douleur. En Colombie, les soins palliatifs sont loin d'être accessibles pour tous les patients qui en auraient besoin. Elle a notamment pris l'exemple du Larotrectinib, un médicament qui pourrait soulager de nombreux patients en fin de vie, mais au remboursement duquel l'Agence colombienne du médicament fait barrage jusqu'à présent.  

 

Outre la Colombie, d'autres pays connaissent la même interférence des juges en matière d'euthanasie : les hautes instances judiciaires en Italie, en Allemagne et en Autriche ont refusé de déclarer le suicide assisté inconstitutionnel, sommant leurs parlements de permettre et d'encadrer la pratique.  


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