France : une « sédation profonde explicitement létale » ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 12/04/2018

En France, le Conseil économique, social et environnemental s'est prononcé dans un avis consultatif du 9 avril 2018 en faveur d'un droit à l'euthanasie en prônant de légaliser la "sédation profonde explicitement létale" pour les personnes qui la demanderaient en fin de vie.

 

L'expression qu'a choisie le Conseil est volontairement distincte "d'euthanasie" et de "suicide assisté", termes trop « polémiques », indique Pierre-Antoine Gailly, rapporteur de la CESE.

Que penser de cette manipulation du langage et de l'endormissement de la pensée par le choix des mots? Ce geste recouvre en effet la même réalité que celui de l'euthanasie, puisque le médecin provoque volontairement la mort de la personne à sa demande.

Si le Conseil s'est majoritairement prononcé en faveur d'une sédation explicitement létale, il reste divisé sur la question. Une partie des membres se positionne en effet en faveur d'une application pleine et entière de la législation existante, la loi Claeys-Leonetti. Celle-ci instaurait en février 2016 le droit à une "sédation profonde et continue", soit une extinction de la douleur précédant une mort naturelle sans l'accélérer. Pour ces membres, on ne peut inscrire dans une loi "qu'une vie ne vaut plus d'être vécue".

 

Le CESE recommande également d'inclure dans la loi une clause de liberté de conscience qui permet à toute personne, quelle que soit sa profession, de refuser de participer sous quelque forme que ce soit à la prescription, la dispensation ou l'administration d'une "sédation profonde expressément létale".

 

Cet avis qui n'est que consultatif,  fait l'impasse sur les questions fondamentales et éthiques puisqu'il n'aborde nullement les questions de ce qu'est la souffrance, de la personne dans sa liberté et sa dimension relationnelle et du  rôle de la médecine.


Articles similaires

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

- Euthanasie et suicide assisté

Cette jeune-femme belge, de Leuven, est en bonne santé physique mais n'arrive plus à supporter la souffrance psychique qui l'envahit. Diagnostiquée comme trouble de la personnalité limite ("borderline"), sa maladie agit comme "un couteau planté dans sa poitrine": "j'ai l'impression d'éclater en morceaux". Elle est décidée à en finir.

Au moment où se prépare le procès de trois médecins de Flandre pour le cas de Tine Nys, voilà que le Dailymail a identifié ce cas douloureux de Kelly et lui donn...

Lire la suite

Belgique-France : empoisonnements et meurtres par compassion.

Belgique-France : empoisonnements et meurtres par compassion.

- Euthanasie et suicide assisté

Alors que vient de s'ouvrir le dossier de l'infirmier de Wevelgem soupçonné d'avoir tué plus de 40 personnes qui se trouvaient en fin de vie, voilà qu'en France vient d'être prononcé l'acquittement du médecin-anesthésiste Nicolas Bonnemaison, qui "par compassion" a empoisonné 7 personnes.
Lors de son procès, des personnalités belges avaient été appelées à la barre. Elles avaient même affirmé que s'il fallait en Belgique juger des cas semblables à ceux de Nicolas Bonnemaison, les tribunaux belg...

Lire la suite

Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

- Euthanasie et suicide assisté

Une enquête réalisée par MediQuality, une communauté médicale digitale pour le Benelux, a sondé les médecins pour savoir ce qu'ils pensaient de l'euthanasie en cas de souffrances psychiques et de démence. Sans doute encore secoués par l'affaire Tine Nys, une nette majorité d'entre eux (78%) estime qu'il faut évaluer et/ou adapter la loi sur l'euthanasie en ce qui concerne la souffrance psychique insupportable.

Ce sont 737 médecins qui ont librement répondu aux « questions éthiques en milieu m...

Lire la suite