Euthanasie des patients qui ne sont pas en phase terminale : les psychiatres américains sont contre

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 10/01/2017

L'Association Américaine de Psychiatrie (AAP) vient d'émettre un avis tranché quant à la pratique de l'euthanasie pour des patients qui ne sont pas en phase terminale. Rejoignant ainsi l'avis de l'Association Médicale américaine, la déclaration affirme qu'« un psychiatre ne devrait prescrire ou envisager aucune intervention dont le but est de causer la mort chez un patient qui n'est pas en phase terminale ».

Cette déclaration a d'autant plus de poids que l'AAP demeure aujourd'hui la plus importante société savante et professionnelle américaine (36 000 membres) et la plus influente dans le monde dans le milieu de la psychiatrie. La déclaration affirme qu'« aider un patient qui n'est pas en phase terminale à se suicider, que ce soit en lui fournissant les moyens adéquats ou directement par injection létale n'est pas éthique ». L'AAP estime qu'« un psychiatre ne peut ni ne doit assister au suicide de son patient. (…) La mise à disposition de moyens de suicide (prescriptions, cuves à hélium...) ou l'administration d'injection mortelle sont inacceptables ».

Et lorsque l'Association Américaine de Psychiatrie statue « qu'un psychiatre ne devrait prescrire ou envisager aucune intervention dont le but est de causer la mort chez un patient qui n'est pas en phase terminale », cela peut-il être étendu à l'avis comme médecin conseil que donnerait un psychiatre pour une personne qui n'est pas en fin de vie et, comme cela est requis en Belgique, lorsqu'il s'agit de se prononcer sur la santé mentale de la personne ayant demandé l'euthanasie ?

Faisant suite à un article paru dans le Washington Post à ce sujet, et à la réaction de certains psychiatres belges, la ministre de la santé Maggie De Block (Open VLD) a déclaré qu'elle ne voyait « pas ce que les Américains viennent faire dans ce débat ».

Le président de l'Union professionnelle belge des médecins spécialistes en psychiatrie et membre du comité de l'Association européenne de Psychiatrie (EPA), Geert Dom, appelle quant à lui à la prudence et au sérieux. Il explique qu'il ne faut pas sous-estimer les avis de professionnels étrangers sur des lois demeurant objectivement très progressistes comparées aux autres pays. L'Association Flamande de psychiatrie, par la voix de son Président Friede Matthys, fait quant à elle part de divergences d'opinions en son sein. On se rappellera en effet la fermeté et l'argumentation développées par de nombreux professionnels de la psychiatrie dans une  carte blanche publiée fin 2015. 

Source : BioEdge, Washington Post


Articles similaires

Belgique : des experts inquiets quant aux dérives et contrôle de l’euthanasie

Belgique : des experts inquiets quant aux dérives et contrôle de l’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Alors que 80% des euthanasies pratiquées en Belgique le sont en Flandre, une quinzaine d'experts de l'UZGent, de la VUB (Bruxelles) et de la KULeuven ont publié récemment une opinion (traduction en français) suite à la parution du 7ème rapport de la Commission de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie. Sans remettre en cause l'euthanasie, ils commencent par exprimer leur regret qu'il ne soit plus permis, en Belgique, de poser des questions quant à sa pratique. Ils posent ensuite une série de...

Lire la suite

Hausse vertigineuse de 75% pour l’euthanasie au Québec

Hausse vertigineuse de 75% pour l’euthanasie au Québec

- Euthanasie et suicide assisté

Au Québec, 845 personnes ont eu recours à l'euthanasie de juillet 2017 à mars 2018, soit une moyenne de 93 par mois, de 75% plus élevée que la moyenne mensuelle de l'année précédente (53). Au total, 1664 Québécois ont été euthanasiés depuis l'entrée en vigueur de la loi en décembre 2015. C'est ce qui ressort du récent rapport de la « Commission sur les soins de fin de vie ».

La Commission a été incapable de se prononcer sur 5% de l'ensemble des cas, faute d'informations. Pour 5 autres pourcen...

Lire la suite

Nouvelle Zélande : la Haute Cour refuse une demande d’euthanasie

Nouvelle Zélande : la Haute Cour refuse une demande d’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Au motif qu'il lui restait peu de temps à vivre, Madame Seals, âgée de 42 ans et atteinte d'une tumeur au cerveau, souhaitait choisir elle-même le moment de sa mort et avait demandé à son médecin de l'aider à mourir, soit par euthanasie directe, soit par suicide assisté. Consentant, le médecin avait décidé, pour toute sécurité, de saisir la justice afin de s'assurer de la légalité de cette action, l'euthanasie et le suicide assisté n'étant pas dépénalisés en Nouvelle Zélande.

Ce vendredi 5 ju...

Lire la suite