Etats-Unis : le suicide assisté en Oregon

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 21/04/2017

En Oregon, 3% des suicides assistés recensés par l'Autorité de Santé sont justifiés par l'incapacité à financer une chimiothérapie. Ce motif interpelant a été révélé dans un rapport d'évaluation du Death with Dignity Act (1ère loi aux Etats-Unis permettant le suicide assisté dans l'Etat d'Oregon, en vigueur depuis 1997) publiée par JAMA Oncology au début du mois d'avril.

L'étude montre par ailleurs que, depuis 1998, le nombre de demandes de suicide assisté ne fait qu'augmenter. On note une croissance annuelle moyenne de 12% entre 1998 et 2013 et une hausse encore plus prononcée de 30% par an entre 2013 et 2015.

Sur cette même période (1998-2015), seules 991 prescriptions létales sur les 1.545 délivrées (soit 64%) ont effectivement été utilisées. Parmi ces 991 cas de suicide assisté enregistrés, 77% étaient atteints d'un cancer.

Enfin, le Dr Blancke, principal auteur de cette étude, s'indigne du fait que la prise en charge inappropriée de la douleur contribue à 25,2% des demandes de suicide assisté. Il estime que la prise en charge insuffisante de la douleur ne devrait pas entrer en ligne de compte lorsqu'un patient demande le suicide assisté. Il rappelle à cette occasion que tous les moyens possibles doivent être mis en oeuvre pour soulager la souffrance physique du patient. Parmi les motifs les plus fréquemment évoqués, on retrouve la perte d'autonomie (91,6%) et le sentiment d'indignité (78,7%), et la pénibilité du quotidien (89,7%).

Source : JAMA Oncology


Articles similaires

Cri d'alarme des médecins face à la suppression d'un garde-fou de la loi sur le suicide assisté en Oregon

Cri d'alarme des médecins face à la suppression d'un garde-fou de la loi sur le suicide assisté en Oregon

- Euthanasie et suicide assisté

L'Oregon fut le premier État américain à adopter en 1997, une loi sur l'aide au suicide. Dans les débats autour de la loi, le délai de 15 jours de réflexion était présenté comme un garde-fou essentiel pour garantir le caractère volontaire et réfléchi de la demande de suicide. 22 ans plus tard, il n'est plus question de cette balise pour les patients dont le pronostic vital ne dépasse pas 15 jours. En pratique, ces patients pourraient soumettre le même jour les deux demandes orales et la demand...

Lire la suite

Italie : la Cour constitutionnelle demande au Parlement de légiférer sur l’assistance au suicide

Italie : la Cour constitutionnelle demande au Parlement de légiférer sur l’assistance au suicide

- Euthanasie et suicide assisté

La Cour constitutionnelle italienne a décidé de reporter sa décision concernant l'affaire Cappato en donnant un an au Parlement pour combler un « vide juridique » sur le délit d'assistance au suicide.  

Pour rappel, Marco Cappato, politicien italien membre du parti des Radicaux italiens, s'était lui-même dénoncé d'avoir accompagné en Suisse Fabio Antoniani, alias DJ Fabo, devenu tétraplégique et aveugle après un accident de voiture, afin de l'assister au suicide le 27 février 2017. Marco Capp...

Lire la suite

Canada : dépénalisation du suicide assisté et de l’euthanasie

Canada : dépénalisation du suicide assisté et de l’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Le mardi 7 juin 2016, l'euthanasie et le suicide assisté, désignés sous l'expression générique « aide médicale à mourir » ont été dépénalisés au Canada par le biais d'un jugement de la Cour suprême. L'arrêt Carter, rendu par cette haute instance le 6 février 2015 (cf. Bulletin de l'IEB) estimait inconstitutionnel l'article du Code criminel qui interdisait l'aide médicale à mourir dans des circonstances bien précises et enjoignait le législateur de promulguer une  loi modifiant le code criminel...

Lire la suite