Etat de Victoria (Australie) : un pas vers la dépénalisation de l'euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 05/12/2017

Alors que le Parlement fédéral australien rejetait pour la quinzième fois, le mois dernier, un projet de loi sur l'euthanasie, l'Etat de Victoria approche de l'aboutissement de sa propre loi « sur la mort volontaire assistée ». Cette loi, dépénalisant l'euthanasie et le suicide assisté, adoptée par le Parlement étatique le 29 novembre 2017 aux termes de longs débats houleux, pourrait entrer en vigueur dès juin 2019.

Le texte de la loi permettrait à tout habitant majeur de l'Etat, ayant la capacité de discernement et atteint d'une maladie terminale lui laissant une espérance de vie inférieure à six mois, de « réclamer une dose létale de médicament ». 

La personne, résidante de l'État depuis au moins un an, devra formuler sa demande de manière « volontaire et persistante ». La demande sera évaluée par un médecin à trois reprises minimum, et devra faire l'objet d'une déclaration écrite signée par le patient. Deux témoins, qui ne peuvent être des proches, devront l'assister dans cette démarche finale. 

Bernie Finn, un député libéral de l'Etat de Victoria opposant à la loi, estime que cette celle-ci « changera notre définition de la médecine, et la culture dans laquelle nous vivons ». Elle rendra le gouvernement « responsable de la mise en place d'une industrie de la mort en Australie ».

 Cette loi, adoptée de justesse, en inquiète plus d'un, dans une région du monde où l'accès aux soins palliatifs reste profondément inégalitaire. Comme le souligne l'association HOPE, engagée contre la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, « les habitants de Victoria méritent mieux que le choix entre le manque d'accès aux  soins palliatifs et l'accès facilité à l'administration d'une substance qui a pour objet de causer la mort d'une personne » . Et comme l'exprimait l'ex-Premier Ministre, Paul Keating : « What matters is that under Victorian law there will be people whose lives we honour and those we believe are better off dead.»

Sources : Alliance Vita, The Age, Noeuthanasia.


Articles similaires

Evaluer la loi euthanasie - proposition CD&V à la Chambre

Evaluer la loi euthanasie - proposition CD&V à la Chambre

- Euthanasie et suicide assisté

Els Van Hoof et et Nathalie Muylle, députées CD&V à la Chambre, ont demandé au gouvernement le 7 décembre dernier, que soit procédé à l'évaluation de la loi euthanasie. Contrairement aux Pays-Bas, la loi euthanasie belge n'a, en 15 ans d'application, jamais fait l'objet d'aucune évaluation, pourtant indispensable à l'identification des problèmes d'interprétation et d'application qu'elle peut poser dans la pratique.

 

L'euthanasie a été élargie aux mineurs d'âge en 2014, sans que l'on ait app...

Lire la suite

Trois médecins belges impliqués dans une euthanasie devront comparaitre en Cour d’assises

Trois médecins belges impliqués dans une euthanasie devront comparaitre en Cour d’assises

- Euthanasie et suicide assisté

La chambre des mises en accusation de Gand a décidé hier de renvoyer trois médecins devant la Cour d'assises. Elle estime qu'il y a assez d'indices montrant que l'euthanasie de Tine Nys, 38 ans, ne s'est pas faite conformément à la loi. Ils devront répondre d'empoisonnement.

Les deux soeurs de Tine Nys reprochent aux médecins d'avoir pratiqué l'euthanasie en méconnaissant autant les règles de procédure que les conditions essentielles de la loi, notamment celle du caractère incurable de la pat...

Lire la suite

Euthanasie des nouveau-nés : le Protocole de Groningen

Euthanasie des nouveau-nés : le Protocole de Groningen

- Euthanasie et suicide assisté

Ce nouveau Dossier de l'IEB présente le Protocole de Groningen, adopté aux Pays-Bas pour l'euthanasie des nouveau-nés atteints d'une grave affection et dont la "qualité de vie" est estimée insatisfaisante. Après l'exposé de la teneur du protocole de Groningen, de son statut juridique aux Pays-Bas et de quelques statistiques, les principales critiques adressées audit protocole sont passées en revue. Enfin, la question de l'acharnement thérapeutique dans le cas spécifique des nouveau-nés est évo...

Lire la suite