Colombie : l'euthanasie des enfants pour raisons économiques ?

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 28/02/2018

La Colombie a été le quatrième pays à dépénaliser l'euthanasie des personnes majeures, en 2015, à la suite de la Belgique, des Pays Bas et du Luxembourg.

En octobre 2017, la Cour Constitutionnelle colombienne a ouvert le débat de l'euthanasie des mineurs en demandant au Ministère de la Santé de proposer une loi permettant d'administrer « la mort dans la dignité, chez des enfants et adolescents porteurs de handicaps ou en phase terminale ».  Selon la Cour, cette loi chercherait à éviter que les mineurs soient « victimes de traitements cruels et inhumains ». Ce jugement a été attaqué devant le Conseil d'Etat par l'avocat Jeison Aristizabal.

D'après lui, il ne s'agit pas là de la vraie raison d'une telle règlementation. Aristizabal sait de quoi il parle. Désigné « Héros de l'Année » par CNN en 2016 pour avoir surmonté les défis posés par sa paralysie cérébrale, il a monté une association pour aider les enfants atteints d'un handicap en Colombie. Il s'est exprimé pour exposer les antécédents judiciaires sous-tendant cette proposition de loi.

La famille d'un enfant handicapé en phase terminale a vu rejetée, par son assurance-santé, sa demande de soutien financier pour les soins médicaux dont l'enfant avait besoin. Les parents, impuissants, auraient déclaré à la compagnie d'assurances préférer voir leur enfant mourir, plutôt que de le voir souffrir à cause du manque d'aide à leur disposition.

Le pays attendait de la part de la Cour un jugement allant dans le sens d'une amélioration du système de soins de santé, explique Aristizabal. On ne s'attendait pas à ce qu'elle propose plutôt la mise en place de l'euthanasie des mineurs, et donne ainsi à l'euthanasie le statut de réponse optimale à un problème apparament économique, risquant d'enliser le déploiement du système de santé.

L'avocat développe également le message que sous-entend la Cour : « Tout parent pourrait disposer de la vie de son enfant s'il est atteint d'une maladie mortelle ou d'un handicap ».

« La société d'aujourd'hui émet des pronostics, mais ceux-ci doivent être surmontés par les citoyens concernés. La personne, qui se sent battue, ne doit pas baisser les bras », insiste-t-il. Lui-même se bat tous les jours pour que « le handicap ne puisse pas donner moins de valeur à la vie d'un enfant ». Atteint d'un handicap grave, pourtant devenu avocat et à la tête d'une importante organisation d'aide aux enfants handicapés, il se veut la preuve que chaque personne, même handicapée, doit recevoir le droit de continuer à se battre pour sa vie.

 Sources : CNA


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