Canada : la ministre de la santé réagit au taux d’euthanasie en forte augmentation

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 15/02/2018

Depuis la légalisation de l'aide à mourir (AMM) en décembre 2015, 1.829 Québécois l'ont officiellement réclamée, et 1.215 (66 %) l'ont officiellement obtenue.

Entre 2016 et 2017, le nombre de personnes décédées avec l'aide d'un médecin y a augmenté de 58 %. En 2017, au Canada, près d'un décès sur 100 est survenu suite à une demande d'AMM, et au Québec, il s'agit d'une personne sur 50.

Le Dr Claude Rivard, médecin spécialisé en soins palliatifs en Montérégie, région où les médecins ont dû pratiquer le plus d'AMM, soutient que l'intérêt pour cette pratique est suscité par les informations que se transmettent les citoyens entre eux. Le vieillissement de la population, l'organisation des ressources et l'évolution des mentalités dans les familles contribuent à nourrir la demande pour ces pratiques.

« L'évaluation médicale d'une demande peut se faire en deux jours. Après, c'est à la personne de choisir le moment opportun pour elle et sa famille », ajoute le médecin.

Au final, sur 100 patients qui ont demandé l'AMM, 66 l'obtiennent. Parmi les 34 autres personnes, 18 décèdent, reçoivent une sédation palliative continue d'urgence ou perdent leur capacité de discernement avant d'avoir pu consentir à l'AMM. 9 personnes ne remplissent pas les critères de la loi et 6 changent d'avis.

En réaction à la rapide augmentation des AMM, la ministre Petitpas Taylor a annoncé l'octroi de $6 millions à l'organisation Pallium Canada, pour améliorer l'accès à des soins palliatifs de qualité au Canada. Le gouvernement a également adopté un projet de loi « C 277 », qui vise à l'élaboration progressive d'un cadre sur les soins palliatifs, avec la participation des pouvoirs régionaux.

En attendant, les fonds octroyés aideront Pallium Canada à élargir son programme d'apprentissage des soins palliatifs pour qu'un plus grand nombre de professionnels de la santé au niveau local, puisse offrir des soins palliatifs aux canadiens, là où ils vivent lorsqu'ils en ont besoin.

Pallium Canada espère également mettre au point un mouvement de sensibilisation culturelle, afin de tenir compte de la diversité au sein de la société canadienne.

Sources : Le Devoir


Articles similaires

Luxembourg : 15 cas d'euthanasie ces 2 dernières années

Luxembourg : 15 cas d'euthanasie ces 2 dernières années

- Euthanasie et suicide assisté

Le 16 mars 2009, le Luxembourg a été le 3ème pays à dépénaliser l'euthanasie. La Commission nationale de contrôle de l'euthanasie vient de publier son 3ème rapport. En 2013 et 2014, 15 personnes ont été euthanasiées. Le rapport précise également que, sur les 15 euthanasies, 11 d'entre elles ont été pratiquées à l'hôpital, 1 au domicile du patient et 3 dans un établissement de soins pour personnes âgées. 11 des personnes concernées souffraient d'un cancer, 3 d'une maladie neuro-dégénérative et ...

Lire la suite

Une faille dans la loi euthanasie : l’aide au suicide comme échappatoire au contrôle de l'euthanasie

Une faille dans la loi euthanasie : l’aide au suicide comme échappatoire au contrôle de l'euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

La Chambre du conseil de Malines a décidé de ne pas renvoyer le Dr Marc Van Hoey devant le juge, après que celui-ci ait prodigué un breuvage mortel à une dame de 85 ans qui ne voulait plus vivre. En suivant l'avis du Ministère public et la défense du médecin, elle semble avoir considéré que le cas ne rentrait pas dans le champ d'application de la loi sur l'euthanasie.

Simona De Moor ne souffrait pas de maladie physique ou psychique particulière (condition essentielle pour une euthanasie), mai...

Lire la suite

Pays-Bas : euthanasie des patients souffrants d’une maladie psychiatrique

Pays-Bas : euthanasie des patients souffrants d’une maladie psychiatrique

- Euthanasie et suicide assisté

Comme signalé dans la Factsheet KNMG (1) de février 2014, les demandes d'euthanasie pour des patients psychiatriques sont en augmentation aux Pays-Bas  (2% en 2012). L'euthanasie des patients psychiatriques y est autorisée par la loi. Selon l'arrêt Chabot (1994),  ce n'est pas l'origine de la souffrance qui qualifie la souffrance mais l'insoutenabilité de celle-ci. Ce même arrêt  affirme également que le patient psychiatrique dispose d'une volonté libre et autonome.
La KNMG, la NVvP (2) et la ...

Lire la suite