Canada : l’impact de l’euthanasie sur le budget des soins de santé

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 09/02/2017

Jusqu'à 139 millions de dollars. C'est l'économie annuelle que pourrait entraîner, pour le budget des soins de santé, la dépénalisation de « l'aide médicale à mourir » (AMM) au Canada.

Se basant sur les données et le profil de citoyens belges ou hollandais euthanasiés dans leur pays, des chercheurs de l'Université de Calgary ont estimé que, dans les années à venir, de 1 à 4% des décès pourraient être liés à un suicide assisté ou à une euthanasie, soit environ 10.700 Canadiens par an.

Partant du principe que 80% de ces personnes seraient atteintes d'un cancer et évaluant le nombre de semaines que ces patients euthanasiés ne passeraient pas en soins terminaux, les chercheurs estiment entre 34,7 et 138,8 millions de dollars la réduction des dépenses en soins de santé.

Les chercheurs se défendent de vouloir inciter les patients à opter pour l'aide médicale à mourir. « Nous ne voulons pas proposer l'aide médicale à mourir comme une simple mesure économique destinée à réduire les coûts », avancent-ils. « A un niveau individuel, ni les patients ni les médecins ne doivent considérer les coûts lorsqu'ils prennent leur propre décision, que ce soit pour demander ou pour effectuer une telle intervention ».

L'objet de l'étude publiée dans la revue médicale CMAJ, n'en demeure pas moins l'impact financier de l'AMM sur la prise en charge des patients en fin de vie.

Le monde médical a réagi. Alors qu'aujourd'hui l'euthanasie est de plus en plus présentée comme un droit, qu'en est-il du risque de pressions, même non-explicites, pour pousser des personnes malades à demander l'euthanasie ? Où en sont les promesses du Gouvernement de développer le budget pour les soins palliatifs ?

En Belgique, le Dr Marc Moens, Président du Comité directeur de l'ABSYM (Association Belge des Syndicats Médicaux), tire lui aussi la sonnette d'alarme dans une opinion parue dans le Artsen Krant : « Depuis août 2016, et à la suite des problèmes budgétaires dans le domaine des soins aux personnes âgées, on commence à débattre d'une politique d'euthanasie motivée par des considérations socio-économiques. » Le Dr Moens, se faisant le porte-parole d'autres confrères, affirme que « bien des médecins, surtout parmi les généralistes, les gériatres et les oncologues, peuvent raconter des histoires fortes sur l'évolution de la perception de l'euthanasie par les citoyens. L'euthanasie est peu à peu considérée comme un droit, qui peut être revendiqué et dont on peut abuser, mais surtout elle devient un devoir pour le médecin à qui la question est posée. »

Source : National Post – Artsen Krant ("Gelieve tijdig sterven" ) 

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