ANALYSE - L’Association Médicale Mondiale (AMM) face à l’euthanasie : une opposition claire et réitérée

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 18/12/2019

Auteur / Source : IEB / WMA / bioedge.org

Also available in English
Quelle position adopter face à la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie dans certains pays ?
Lors de sa dernière réunion annuelle, l'Association Médicale Mondiale (AMM) a adopté une nouvelle déclaration sur l'euthanasie et le suicide assisté (cfr. News IEB du 8 novembre dernier).

Cette prise de position est l'occasion de faire le point sur les documents successivement adoptés par la WMA sur l'euthanasie et le suicide assisté ces dernières années, et d'y déceler d'éventuelles évolutions en la matière.

D'aucuns ont en effet considéré cette déclaration comme une forme d'ouverture timide de l'AMM à la pratique de l'euthanasie et du suicide assisté. La déclaration de 2019 s'inscrit en réalité complètement dans la lignée des déclarations et résolutions adoptées précédemment par l'AMM sur le sujet depuis 1987.

L'analyse attentive, réalisée par l'IEB (cfr. Flash Expert), des documents actuel et antérieurs montre en effet une continuité claire dans la position défendue par l'AMM au sujet de l'euthanasie et du suicide assisté.

En particulier, l'AMM réitère de manière continue et invariable : son opposition à l'euthanasie et au suicide assisté le fait que ces pratiques sont contraires à l'éthique médicale; le droit du patient à refuser un traitement médical.

La dernière déclaration (2019) met en outre l'accent sur la liberté de conscience des médecins, indiquant que ceux-ci ne peuvent être contraints de pratiquer de tels actes, ni « d'orienter un patient à cette fin ».

Cette déclaration intervient alors que les associations médicales du Canada et des Pays-Bas (deux pays où l'euthanasie est légale) avaient tenté, ces dernières années, de faire évoluer la position de l'AMM vers une acceptation de ces pratiques, sans toutefois y parvenir. Celles-ci ont finalement quitté l'AMM en octobre 2018.

L'Association Médicale Mondiale (AMM, ou World Medical Association - WMA) est l'organisation représentative des médecins à travers le monde. Fondée en 1947, l'AMM fédère aujourd'hui les associations médicales nationales de 114 pays, comptant au total pas moins de neuf millions de médecins.

Pour aller plus loin : Flash Expert IEBPosition de l'Association Médicale Mondiale sur l'euthanasie et le suicide assisté – Aperçu chronologique


Articles similaires

Mobilisation persistante contre la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

Mobilisation persistante contre la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

- Euthanasie et suicide assisté

Par le biais de courtes vidéos, 20 Nouveaux-Zélandais partagent leur handicap, présentent les soins palliatifs, les perspectives légales et médicales qui peuvent nourrir les conversations sur la question de l'euthanasie et appellent à réagir contre une nouvelle proposition de légaliser l'euthanasie dans leur pays. L'association Care Alliance (qui se mobilise depuis 2012 pour promouvoir de meilleurs soins et conversations en fin de vie) a récemment lancé cette campagne d'information 'Icare' poi...

Lire la suite

Amélie Van Esbeen veut relancer le débat autour de l’euthanasie

Amélie Van Esbeen veut relancer le débat autour de l’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

23 mars 2009 :
Amélie Van Esbeen (93 ans) n'est pas atteinte d'une maladie incurable, mais souffre de toutes sortes de petits maux qui rendent sa vie insupportable, dit-elle. Elle souhaite mourir mais, selon la loi, elle ne remplit pas les critères pour demander l'euthanasie. Wim Distelmans, le président de la commission d'évaluation de la loi sur l'euthanasie pense que la législation devrait pouvoir être étendue aux cas de certaines personnes très âgées. En particulier, dans des cas comme cel...

Lire la suite

Une faille dans la loi euthanasie : l’aide au suicide comme échappatoire au contrôle de l'euthanasie

Une faille dans la loi euthanasie : l’aide au suicide comme échappatoire au contrôle de l'euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

La Chambre du conseil de Malines a décidé de ne pas renvoyer le Dr Marc Van Hoey devant le juge, après que celui-ci ait prodigué un breuvage mortel à une dame de 85 ans qui ne voulait plus vivre. En suivant l'avis du Ministère public et la défense du médecin, elle semble avoir considéré que le cas ne rentrait pas dans le champ d'application de la loi sur l'euthanasie.

Simona De Moor ne souffrait pas de maladie physique ou psychique particulière (condition essentielle pour une euthanasie), mai...

Lire la suite