Oregon : Alzheimer et les directives anticipées

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Thématique : Fin de vie / Alimentation et hydratation

Actualités

Publié le : 20/06/2017

Il y a huit ans, Nora Harris, alors âgée de 56 ans, apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Résidant dans l'Etat d'Oregon aux USA, où le suicide assisté est permis à certaines conditions, elle rédige à ce stade précoce de la maladie, des directives anticipées. Madame Harris y exprime le souhait que ne soit prise aucune mesure qui prolongerait sa vie à partir du moment où elle serait dans l'incapacité de comprendre ce qu'elle vit et d'être présente à elle-même.
Quelques années plus tard, elle ne peut plus se nourrir seule et dépend de l'aide de quelqu'un pour la nourrir. Son mari, considérant dès lors qu'elle dépend d'une forme d'alimentation artificielle, s'adresse alors à la justice pour obtenir de pouvoir cesser l'alimentation de son épouse, arguant que si elle avait été en mesure de s'exprimer, elle n'en aurait pas voulu.
En juillet 2016, le juge a rejeté cette demande. Pour lui, les directives anticipées de Nora ne permettent en effet pas d'être interprétées comme une opposition à être nourrie à la cuiller mais seulement à l'alimentation et à l'hydratation artificielles par sonde. De plus, le fait que Nora ne refuse pas les cuillers qui lui sont présentées, laisse également penser qu'elle consent à être nourrie de cette façon.
Le 8 juin 2017, le Sénat de l'Oregon a voté une loi sur les directives anticipées, la « Bill 494 », qui permet indirectement de ne plus nourrir ni donner à boire, même de façon ordinaire, à des patients malades et atteints de démence ou de maladies psychiques. Avant d'entrer en vigueur, cette loi devra toutefois être approuvée par la Chambre des Représentants.
Si ce texte de la « Bill 494 » est adopté, les directives anticipées mentionnant le refus de l'alimentation et l'hydratation artificielles pourraient être étendues à une alimentation assistée par une tierce personne « à la cuiller ». Pourtant, aider quelqu'un à se nourrir, tout comme pour un nourrisson, n'est pas un traitement médical mais un soin de base auquel tout patient a droit jusqu'à sa mort. La décision de l'Assemblée est donc attendue.

Sources : The Washington Times, Mail Tribune

 


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