Une offre d'emploi qui exclut les objecteurs de conscience

Auteur / Source : Publié le : 28/02/2019 Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience Actualités Temps de lecture : 4 min.

 Imprimer

La plus grande maternité d'Irlande, (Dublin's National Maternity Hospital), a annoncé le recrutement d'un anesthésiste et d'un obstétricien. Avec un critère d'embauche : ils doivent accepter de pratiquer des avortements. Une source de l'hôpital a indiqué que ces soignants seraient pourtant très peu amenés à réaliser des IVG et que « leurs tâches seraient essentiellement celles attendues d'un anesthésiste ou d'un obstétricien dans une maternité. » Malgré tout, il est demandé aux médecins opposés à cette pratique de ne pas postuler.

Cette annonce a fait réagir la députée Nord-Irlandaise Nuala O'Loan, qui a déclaré que l'Irlande entrerait en « eaux troubles » si la disposition à pratiquer des avortements devenait une condition d'emploi dans les hôpitaux. Par ailleurs, elle a attiré l'attention sur le problème qui se poserait si ces médecins venaient à changer d'avis au cours de leur travail à la maternité : pourraient-ils alors recourir à l'objection de conscience ?

La nouvelle loi irlandaise sur l'avortement garantit le recours à une clause de conscience pour les soignants, leur permettant de refuser de procéder à un avortement pour des raisons morales ou religieuses. Pour autant, le Premier Ministre Leo Varadkar a déclaré en juin 2018 que tous les hôpitaux irlandais financés par des fonds publics (hôpitaux catholiques inclus) seraient obligés de pratiquer des avortements, quelles que soient les convictions de l'établissement. 

Ces événements laissent à penser que la liberté de conscience des soignants, de même que la liberté des institutions de soins eu égard à l'avortement, sont de plus en plus menacés en Irlande.

Depuis décembre 2018, l'avortement y est légal jusqu'à douze semaines de grossesse, sans conditions (hormis un délai de réflexion de 3 jours).  S'il existe un risque grave pour la santé ou la vie de la mère, celle-ci pourra avorter jusqu'au seuil de viabilité du foetus, et jusqu'à la naissance en cas d'urgence. Si le foetus présente un risque de mort in utero ou dans les 28 jours après sa naissance, il pourra être avorté jusqu'à sa naissance.

Pour la belgique : Brochure "Clauses de conscienceau profit des professionnels de la santé"
Pour la demander en version papier ICI

 Sources : BBC, Irish Time, Génèthique, Bioedge


Articles similaires

Euthanasie : l’objection de conscience des médecins de moins en moins acceptée

Euthanasie : l’objection de conscience des médecins de moins en moins acceptée

- Clauses de conscience

Un peu plus d'une personne sur trois aux Pays-Bas pense qu'un médecin ne devrait pas pouvoir faire objection de conscience par rapport à l'euthanasie. C'est ce que révèle une enquête menée par le Bureau Central de Statistiques aux Pays-Bas. Autrement dit, un tiers des personnes interrogées trouve que les médecins ne devraient pas pouvoir refuser de pratiquer l'euthanasie quand leur patient remplit toutes les conditions légales pour l'obtenir.

Le droit à l'objection de conscience par rapport a...

Lire la suite

Participez au colloque "Bioethics & Conscience" le 4 octobre à Bruxelles !

Participez au colloque "Bioethics & Conscience" le 4 octobre à Bruxelles !

- Clauses de conscience

Over the last few years, in Europe and Western countries, freedom of conscience of healthcare professionals has been progressively challenged as legal access to certain ethically controversial practices has expanded. This trend raises fundamental questions about the definition of healthcare and medicine, about access to certain healthcare professions, and more fundamentally about the right to conscientious objection of healthcare professionals and the freedom of healthcare instituti...

Lire la suite

Les étudiants en médecine et infirmerie pourront faire objection de conscience

Les étudiants en médecine et infirmerie pourront faire objection de conscience

- Clauses de conscience

La Faculty of sexual and reproductive healthcare (FSRH), organe médical responsable au Royaume-Uni de la formation des professionnels dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, donne désormais la possibilité à ses stagiaires en médecine ou en infirmerie d'invoquer la clause de conscience. C'est ce qu'annoncent les nouvelles directives qui viennent d'être publiées.
Médecins, infirmiers et maintenant étudiants et stagiaires médecins ou infirmiers en stage, pourront à présent refuser d...

Lire la suite