Norvège : objection de conscience refusée à un médecin

Publié le : Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience Actualités Temps de lecture : 4 min.

 Imprimer

C'est en décembre 2015 que le Dr Katarzyna Jachimowicz, médecin généraliste en hôpital, a été démise de ses responsabilités après avoir refusé de poser un stérilet à une femme, dispositif qui, affirme-t-elle, peut se révéler abortif, puisqu'il empêche la nidation de l'embryon déjà conçu dans l'utérus.
Cette objection de conscience lui a été refusée par l'hôpital 
Et pourtant, lorsque le Dr Jachimowicz a été engagée par la Clinique Familiale de Sauherad en 2010, un accord verbal avait été conclu avec ses confrères, prévoyant qu'elle n'orienterait pas ses patients vers l'avortement ni vers des méthodes abortives. Mais en 2014 en Norvège, un cas très médiatisé d'un autre médecin refusant de fournir des produits contraceptifs à des adolescentes, a fait grand bruit. Depuis lors, la loi a été modifiée et prive aujourd'hui les médecins de la clause de conscience lorsqu'il s'agit de prescrire une méthode contraceptive quelle qu'elle soit. Cette interdiction recouvre l'insertion de dispositifs intra-utérins (DIU), que le gouvernement norvégien ne considère pas comme ayant un effet abortif.
Refusant de faire taire sa conscience, le Dr Jachimowicz a été licenciée en décembre 2015 et a entrepris en juin 2016 une action en justice pour contester son limogeage. Il s'agit du premier procès en Norvège portant sur le droit à l'objection de conscience. Depuis, plusieurs associations ont décidé de soutenir le Dr Jachimowicz qui a dû réorienter son activité médicale en intégrant un service de psychiatrie.
Parlant du « dilemme du libéral » évoqué par le philosophe Hans Skjervheim, le Dr Vegard Wyller, professeur à l'Université d'Oslo, affirme que le cas Jachimowicz est typique : si le médecin concerné reste en poste malgré ses opinions, cela signifie que l'État emploie une personne opposée aux idées libérales en matière d'avortement et de contraception. Si elle est licenciée, cela signifie que l'Etat contrevient à ses idéaux de liberté, et se montre discriminatoire et intolérant. Les choses sont claires.
Sources : spuc.org.uk

 


Articles similaires

"Bioethics & Conscience" - International Conference - 4th October 2021

"Bioethics & Conscience" - International Conference - 4th October 2021

- Clauses de conscience

Over the last few years, in Europe and Western countries, freedom of conscience of healthcare professionals has been progressively challenged as legal access to certain ethically controversial practices has expanded. This trend raises fundamental questions about the definition of healthcare and medicine, about access to certain healthcare professions, and more fundamentally about the right to conscientious objection of healthcare professionals and the freedom of healthcare instituti...

Lire la suite

Argentine : un médecin condamné pour avoir refusé de pratiquer un avortement à risque

Argentine : un médecin condamné pour avoir refusé de pratiquer un avortement à risque

- Clauses de conscience

La condamnation du Dr Leandro Rodriguez Lastra a été confirmée en appel. Ce médecin avait refusé de pratiquer un avortement sur une femme enceinte de 23 semaines, estimant qu'un tel geste présentait trop de risques pour la santé de la femme. Le médecin écope d'une peine de prison d'un an et deux mois avec sursis et de la suspension de toute ses fonctions publiques pendant deux ans et quatre mois.

L'affaire en question commence en avril 2017, lorsqu'une jeune femme de 19 ans, qui affirme avoir...

Lire la suite

Royaume-Uni : la clause de conscience remise en question par le Conseil Général des Pharmaciens

Royaume-Uni : la clause de conscience remise en question par le Conseil Général des Pharmaciens

- Clauses de conscience

Doit-on obliger un pharmacien à délivrer un médicament quand bien même il jugerait l'effet de ce dernier contraire à ce que lui indique sa conscience ? Le General Pharmaceutical Council s'est penché sur la question mi-février et a statué en faveur d'un « duty to dispense ». Soit l'obligation de délivrer toute prescription médicale quelles que soient les convictions personnelles du professionnel de santé.

Le Conseil demande à ce que soit assuré un « soin centré sur la personne », plaçant au pr...

Lire la suite