Norvège : objection de conscience refusée à un médecin

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités - Norvège

Publié le : 15/09/2016

C'est en décembre 2015 que le Dr Katarzyna Jachimowicz, médecin généraliste en hôpital, a été démise de ses responsabilités après avoir refusé de poser un stérilet à une femme, dispositif qui, affirme-t-elle, peut se révéler abortif, puisqu'il empêche la nidation de l'embryon déjà conçu dans l'utérus.
Cette objection de conscience lui a été refusée par l'hôpital 
Et pourtant, lorsque le Dr Jachimowicz a été engagée par la Clinique Familiale de Sauherad en 2010, un accord verbal avait été conclu avec ses confrères, prévoyant qu'elle n'orienterait pas ses patients vers l'avortement ni vers des méthodes abortives. Mais en 2014 en Norvège, un cas très médiatisé d'un autre médecin refusant de fournir des produits contraceptifs à des adolescentes, a fait grand bruit. Depuis lors, la loi a été modifiée et prive aujourd'hui les médecins de la clause de conscience lorsqu'il s'agit de prescrire une méthode contraceptive quelle qu'elle soit. Cette interdiction recouvre l'insertion de dispositifs intra-utérins (DIU), que le gouvernement norvégien ne considère pas comme ayant un effet abortif.
Refusant de faire taire sa conscience, le Dr Jachimowicz a été licenciée en décembre 2015 et a entrepris en juin 2016 une action en justice pour contester son limogeage. Il s'agit du premier procès en Norvège portant sur le droit à l'objection de conscience. Depuis, plusieurs associations ont décidé de soutenir le Dr Jachimowicz qui a dû réorienter son activité médicale en intégrant un service de psychiatrie.
Parlant du « dilemme du libéral » évoqué par le philosophe Hans Skjervheim, le Dr Vegard Wyller, professeur à l'Université d'Oslo, affirme que le cas Jachimowicz est typique : si le médecin concerné reste en poste malgré ses opinions, cela signifie que l'État emploie une personne opposée aux idées libérales en matière d'avortement et de contraception. Si elle est licenciée, cela signifie que l'Etat contrevient à ses idéaux de liberté, et se montre discriminatoire et intolérant. Les choses sont claires.
Sources : spuc.org.uk

 


Articles similaires

France : les médecins s’opposent à la suppression de la clause de conscience relative à l’avortement

France : les médecins s’opposent à la suppression de la clause de conscience relative à l’avortement

- Clauses de conscience

Le Conseil national de l'Ordre des médecins français vient de s'opposer publiquement à la suppression de la clause de conscience relative à l'avortement, déclaration qui suivait celles des sages-femmes et du collège national des gynécologues obstétriciens français. « L'Ordre des médecins souhaite rappeler que le code de déontologie médicale et le code de santé publique prévoient une clause de conscience applicable à tous les médecins pour l'ensemble des actes médicaux. L'Ordre des médecins ne ...

Lire la suite

France : clause de conscience en matière de recherche

France : clause de conscience en matière de recherche

- Clauses de conscience

Jusqu'il y a peu en France, le droit de la santé ne retenait que deux clauses de conscience. La première visant l' « interruption volontaire de grossesse » (art. L. 2212-8 CSP) et l' « interruption de grossesse pour motif médical » (art. L. 2213-2 CSP), la seconde concernant la « stérilisation à visée contraceptive » par ligature des trompes ou des canaux déférents (art. L. 2123-1 CSP).

L'adoption par le Parlement d'une troisième clause de conscience en matière de recherche sur l'embryon revê...

Lire la suite

Des médecins canadiens mettent en garde par rapport à l'euthanasie

Des médecins canadiens mettent en garde par rapport à l'euthanasie

- Clauses de conscience

Des médecins canadiens se disent "consternés " de l'influence qu'exerce l'euthanasie sur les patients, les médecins, et leur pratique médicale. "Définir l'euthanasie  comme un « soin de santé » auquel tous les citoyens ont droit (conditionnellement à des critères ambigus et arbitraires) fait que nous pourrions être forcés, pour des raisons d'intégrité et de conscience professionnelle, d'émigrer ou de se retirer complètement de notre pratique. Nous sommes tous profondément inquiets du futur de ...

Lire la suite