Le président de la libre-pensée se prononce pour la liberté des institutions face à l’euthanasie

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités - Belgique

Publié le : 23/05/2018

Le Professeur Freddy Mortier, philosophe et professeur d'éthique à l'université de Gand, connu également pour son engagement maçonnique et actuellement à la présidence de « de mens.nu », coupole regroupant les organisations de la libre-pensée en Flandre (équivalent du Centre d'Action Laïque), s'est prononcé dans une interview accordée au journal De Morgen notamment sur la question de la liberté des institutions de soin face à l'euthanasie.

Il y souligne tout d'abord que l'euthanasie est un droit du médecin et non pas du patient. En effet, si tout patient a la liberté de la demander, chaque médecin a le droit, en raison de la clause de conscience, de ne pas accéder à cette demande. L'hôpital ou institution de soin qui emploie ce médecin n'a pas à interférer sur ce droit personnel.

Par contre, chaque institution peut se prévaloir de principes qui lui sont chers, ayant la liberté de définir son identité et sa pratique de soins. Les médecins, en tant qu'employés au sein de cette institution, devront s'y conformer.

Pour ce qui concerne la question des euthanasies, un hôpital peut, selon le professeur Mortier, souscrire à des principes éthiques qui rendent impossible cette pratique. Mais l'institution de soin devrait dans ce cas avoir l'obligation de l'indiquer très clairement, car le patient a le droit d'en être informé à l'avance.

 Source : De Morgen

 


Articles similaires

Euthanasie : le médecin qui ne la pratique pas, devra référer son patient vers un confrère

Euthanasie : le médecin qui ne la pratique pas, devra référer son patient vers un confrère

- Clauses de conscience

Clause de conscience vs obligation déontologique

Le Conseil national de l'Ordre des médecins a émis un avis le 6 Mai 2017 relatif à « l'information du patient concernant son état de santé et les soins qui lui sont proposés ». Cet avis énonce qu'en vertu de cette obligation, « si le médecin fait valoir une objection de conscience, comprise comme la liberté personnelle du médecin de ne pas donner des soins qu'il estime, en conscience, contraires à ses convictions ou à sa mission » il doit infor...

Lire la suite

Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins

Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins

- Clauses de conscience

Deux règlements de l'Ordre des Médecins de l'Ontario obligent tout médecin qui ne souhaite pas pratiquer l'euthanasie, à référer lui-même son patient demandeur d'aide au suicide vers un médecin ou centre médical qui la pratique.

Pourtant, la loi canadienne sur l'aide médicale à mourir du 17 juin 2016 exprime explicitement qu'aucun médecin n'a l'obligation de pratiquer ni d'offrir son aide pour faire mourir quelqu'un, en vertu de son droit à la liberté de conscience.

C'est pourquoi 4.700 méde...

Lire la suite

États-Unis: un Etat affirme la liberté de conscience des pharmaciens

États-Unis: un Etat affirme la liberté de conscience des pharmaciens

- Clauses de conscience

La Cour fédérale de la ville de Tacoma, dans l'Etat de Washington, a invalidé une loi exigeant des pharmaciens qu'ils distribuent la « pilule du lendemain », en dépit de leur objection de conscience.
« La décision de ce jour envoie un message très clair : aucun individu ne peut être contraint d'abandonner sa profession uniquement à cause de ses croyances religieuses », a déclaré Luke Goodrich, directeur national adjoint du contentieux au « Fonds Becket pour la liberté religieuse » qui co-repré...

Lire la suite