Italie : un hôpital menace la liberté des médecins qui refusent de pratiquer l’avortement

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités - Italie Italie

Publié le : 16/03/2017

https://www.ieb-eib.org/img/images/2019-06/img-1559555851-887.jpgUn hôpital peut-il discriminer à l'embauche des gynécologues sur la base de leur refus de pratiquer des avortements ? C'est la question qui fait débat aujourd'hui en Italie.
En effet, l'hôpital San Camillo de Rome a publié une offre d'emploi pour deux médecins qui s'engageraient à ne pas faire valoir la clause de conscience relative à l'avortement, exigence pour voir leurs candidatures acceptées. Deux médecins ont ainsi été recrutés.
Comment cet hôpital en est-il arrivé là ? En Italie, 70% des médecins refusent de pratiquer l'avortement, estimant que cet acte est de plus en plus banalisé et qu'il meurtrit les femmes et atteint leur pratique médicale car, disent-ils, ce geste est loin d'être simple quand on réalise vraiment que l'on met fin à une vie humaine.

C'est d'ailleurs parce que le législateur a l'intuition qu'une vie humaine est en jeu, qu'il a inscrit l'IVG dans un cadre exceptionnel et sous conditions de dépénalisation partielle dans un texte de loi, la loi 194. La clause de conscience y est inscrite à l'article 9 pour permettre aux médecins d'exercer librement ce droit fondamental à la liberté de conscience.

Par rapport à la procédure et aux conditions mises en place par l'hôpital romain, la Ministre de la santé, Beatrice Lorenzin, a souligné qu'« il n'est pas possible de recruter du personnel de santé avec des contrats à durée indéterminée, en posant comme conditions préalables qu'ils soient « non-objecteurs » : c'est une modalité discriminatoire de recrutement du personnel, étant donné que la loi prévoit la possibilité de changer d'idée au cours de la carrière professionnelle ».

Source : Le Figaro, Courrier International

Pour la Belgique: Brochure « Clauses de conscience au profit des professionnels de la santé »


Articles similaires

Italie : vers le droit à l’objection de conscience des pharmaciens

Italie : vers le droit à l’objection de conscience des pharmaciens

- Clauses de conscience

Alors que la pilule du lendemain venait d'être proposée à la vente sur le marché italien, certains pharmaciens ont fait valoir le fait que la loi leur interdisait d'exercer le droit à l'objection de conscience lorsqu'ils voulaient s'abstenir de vendre ce produit. Le Comité national italien de bioéthique vient de reconnaître le droit à l'objection de conscience des pharmaciens pour la vente de la "pilule du lendemain", celle-ci étant "liée à une finalité de type abortif".

"La reconnaissance de...

Lire la suite

Canada : une médecin réagit contre la limitation de liberté de conscience

Canada : une médecin réagit contre la limitation de liberté de conscience

- Clauses de conscience

Les médecins canadiens ont récemment vu leur liberté de conscience sérieusement limitée. Une décision de la Cour Supérieure de Justice d'Ontario a confirmé le 31 janvier 2018 la validité de deux directives du Collège des Médecins d'Ontario (CPSO) qui imposent aux médecins faisant objection de conscience de référer eux-mêmes leurs patients demandeurs d'aide au suicide vers un autre médecin ou entité médicale « disponible et accessible ». (Bulletin de l'IEB)

Pour rappel, la Cour a estimé que mê...

Lire la suite

Italie : quand l'objection de conscience se généralise

- Clauses de conscience

En Italie, un nombre croissant de gynécologues et de personnel paramédical refusent de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse. Selon l'Institut national des statistiques (Istat), cela concernerait 80% des gynécologues italiens et 50% des anesthésistes et infirmiers. A Naples, par exemple, "un seul service hospitalier est encore ouvert et en Sicile, le taux d'abstention des spécialistes frôle la barre des 80,6%".
Cette généralisation de l'objection de conscience, pourtant le fait ...

Lire la suite