Contraception et Objection de conscience des pharmaciens

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Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités

Publié le : 04/12/2018

En Croatie, une polémique autour de l'objection de conscience des pharmaciens par rapport à la vente de contraceptifs, secoue l'opinion publique depuis mi-octobre. La Commission éthique de la Chambre Croate des Pharmaciens a récemment approuvé l'objection de conscience d'une pharmacienne qui avait refusé de vendre un contraceptif à une patiente. Celle-ci s'était fait conseiller de revenir le lendemain, quand un collègue plus « coopératif » officierait.

La Commission, saisie par la patiente en question, a déclaré que la pharmacienne n'avait pas violé le code d'éthique de sa profession puisque celui-ci permet aux pharmaciens de faire valoir leur objection de conscience à condition de ne pas mettre en péril la santé ou la vie d'un patient.

Elle a néanmoins rappelé aux pharmaciens de s'organiser de façon à ce que tous les patients puissent être servis. Le ministre de la Santé Milan Kujundzic a, quant à lui, désapprouvé l'affaire. Il estime qu'un pharmacien « a droit à l'objection de conscience mais pas sur son lieu de travail ».

Or, c'est précisément dans le cadre de leur profession que les soignants peuvent bénéficier des clauses de conscience, étant entendu que les pharmaciens ne sont pas des simples distributeurs commerciaux, mais des professionnels de la santé. Ces protections légales leur permettent de refuser d'exécuter un acte qu'ils estiment, en conscience, contraire à leurs convictions et à leur mission.

En réponse à l'incident, le Parti Social Démocrate de l'opposition a appelé la Chambre médicale croate à se positionner sur l'objection de conscience. Il a également demandé au ministère de la Santé de faire en sorte que les professionnels de la santé qui font valoir une objection de conscience, soient listés sur des registres disponibles pour la population.

En Belgique, les pharmaciens bénéficient de l'objection de conscience par rapport à la délivrance des substances létales visant à euthanasier une personne. Leur liberté de conscience n'est cependant pas garantie légalement en matière d'avortement et de contraception, une lacune que soulignent certains experts auditionnés au Parlement en mai 2018 (voir intervention de Me Sylvie Tack) et qui mériterait d'être comblée pour assurer aux pharmaciens la même protection qu'aux autres professionnels de la santé.

Voir la Brochure de l'IEB sur les clauses de conscience au profit des professionnels de la santé pour une analyse détaillée de la liberté de conscience des pharmaciens en Belgique.

Source : Bioedge, Total Croatia News


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