Chili : avortement dépénalisé dans trois 3 cas, quelle place à l’objection de conscience ?

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités

Publié le : 22/06/2017

Le Chili est sur le point de finaliser un projet de dépénalisation de l'avortement jusqu'à la 12ème semaine de grossesse (14ème semaine pour les moins de 14 ans). Le Sénat a déjà approuvé les trois conditions sous lesquelles la pratique sera dépénalisée : lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la mère, lorsque le foetus est non-viable ou lorsque la grossesse survient à la suite d'un viol. Avant l'adoption officielle du texte, le Parlement débat cette semaine sur un programme d'accompagnement des femmes qui auront choisi de garder leur enfant ainsi que sur l'objection de conscience laissée aux soignants.

Cette question de l'objection de conscience divise tant du point de vue individuel qu'institutionnel. Tel que présenté initialement, le projet de dépénalisation prévoit une clause de conscience mais uniquement pour le médecin chirurgien à qui il serait demandé de pratiquer l'IVG. C'est-à-dire que le reste de l'équipe médicale, anesthésistes, sages-femmes, infirmières ou tout autre professionnel de la santé impliqué plus ou moins directement dans la procédure, ne pourrait pas déroger à sa tâche.

Tous les établissements de santé, comme les hôpitaux, les cliniques universitaires et privées dont l'idéal ou l'orientation institutionnelle défend la vie en toutes circonstances, pourraient dès lors se voir contraints d'agir à l'encontre de leurs valeurs en pratiquant l'avortement dans leurs locaux. L'avortement serait considéré comme une « prestation de santé légitime ».

Certains Sénateurs tels que Francisco Chahuan du parti de centre droit Renovacion Nacional et Jacqueline Van Rysselbergue de l'Union des Démocrates Indépendants proposaient qu'aucun centre de santé ne soit obligé de pratiquer l'avortement : « On est en train de fragiliser la liberté de conscience qui a été établie dans notre Constitution ». Ce à quoi la Ministre de la Femme, Claudia Pascual, a répondu que « dans notre Constitution, ce qui est régulé, c'est la liberté de conscience et pas l'objection de conscience. De ce fait, le projet de loi a permis un juste équilibre entre ce que prévoit la Constitution et la garantie d'une prestation de santé. »

Source : synthèse de presse chilienne
 


Articles similaires

Trop de médecins objecteurs de conscience  en Italie selon le Planning familial

Trop de médecins objecteurs de conscience en Italie selon le Planning familial

- Clauses de conscience

Le Comité européen pour les droits sociaux du Conseil de l'Europe vient de déclarer recevable le recours contre l'Italie de l'ONG International Planned Parenthood Federation European Network (Réseau européen de la Fédération internationale du Planning familial), contrairement à l'avis du gouvernement italien. Le Planning se plaint du taux d'objecteurs de conscience en Italie, où de nombreux médecins refusent de pratiquer des avortements. Le gouvernement italien estimait quant à lui qu'il ne l...

Lire la suite

A présent en ligne ! Brochure "Clauses de conscience"

- Clauses de conscience

Notre  Brochure : "La clause de conscience au profit des professionnels de la santé en Belgique" est aujourd'hui téléchargeable en ligne Format PDF      ICI

Un médecin peut-il refuser de pratiquer une euthanasie ?
Une infirmière peut-elle refuser de participer à un avortement ?
Un pharmacien peut-il refuser de délivrer certains produits ?
La légitimité de ces attitudes est-elle consacrée en droit voire reconnue par la loi belge ?

De façon synthétique, sous la forme de questions-réponses, ce...

Lire la suite

France : les médecins s’opposent à la suppression de la clause de conscience relative à l’avortement

France : les médecins s’opposent à la suppression de la clause de conscience relative à l’avortement

- Clauses de conscience

Le Conseil national de l'Ordre des médecins français vient de s'opposer publiquement à la suppression de la clause de conscience relative à l'avortement, déclaration qui suivait celles des sages-femmes et du collège national des gynécologues obstétriciens français. « L'Ordre des médecins souhaite rappeler que le code de déontologie médicale et le code de santé publique prévoient une clause de conscience applicable à tous les médecins pour l'ensemble des actes médicaux. L'Ordre des médecins ne ...

Lire la suite