Belgique : la liberté des institutions de soins en matière d’euthanasie à nouveau sur la balance

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 03/05/2018

L'euthanasie reste une question « taboue » dans la seigneurie Ter Minne à Lebbeke, annonçait le journal De Morgen la semaine dernière. Ses résidents, à qui l'on ne donnerait pas suffisamment d'anti-douleurs, vivraient leurs dernières heures dans une souffrance « inhumaine », selon les dires de personnes y ayant travaillé dans le passé. 

Suite à cette annonce, Carina Van Cauter, députée de l'Open VLD, demande au parlement flamand d'interdire explicitement aux maisons de repos et de soins (MRS) de refuser l'euthanasie au sein de leur institution. Certaines MRS font aujourd'hui encore ce choix et proposent d'autres alternatives au patient qui, malgré la prise en charge de sa douleur, persisterait dans sa demande.

Madame Van Cauter estime qu'une MRS qui n'accède pas aux demandes d'euthanasie viole la loi de 2002. Une institution ne devrait plus, par conséquent, avoir la liberté d'adopter une « politique interne » en ce domaine. La députée demande même qu'il soit légiféré de telle sorte que les MRS puissent perdre leur agrément si elles n'acceptent qu'un médecin interne à l'institution ou même venant de l'extérieur, provoque la mort d'un résident à sa demande.

Peut-on ainsi ôter à une institution de soin sa liberté et sa spécificité propre quant aux soins de fin de vie qu'elle prodigue ? L'avis n° 59 du Comité consultatif de bioéthique témoigne de la complexité de cette question, puisqu'il se limite en effet à exposer les deux positions en présence sans trancher.

Au-delà des murs de l'institution, ce sont des personnes qui y travaillent, administration, direction, aide soignantes, etc,.... Dès lors, un directeur de MRS se verra-t-il forcé de tout accepter comme pratique ? Cela voudrait alors dire que le personnel des MRS devrait globalement être tous sans exception, en faveur de l'euthanasie ?

La question de la liberté des institutions en matière de soins de santé est importante pour le pluralisme et la démocratie. Sont en jeu non seulement les droits et libertés des patients et des médecins, mais également de tous ceux qui s'y dévouent et y sont responsables.  Comment les conjuguer ?

Pour approfondir la question de la liberté des institutions en matière d'euthanasie, voyez le dossier de l'IEB 

 Source :  De Morgen


Articles similaires

Italie : un hôpital menace la liberté des médecins qui refusent de pratiquer l’avortement

Italie : un hôpital menace la liberté des médecins qui refusent de pratiquer l’avortement

- Clauses de conscience

https://www.ieb-eib.org/img/images/2019-06/img-1559555851-887.jpgUn hôpital peut-il discriminer à l'embauche des gynécologues sur la base de leur refus de pratiquer des avortements ? C'est la question qui fait débat aujourd'hui en Italie.
En effet, l'hôpital San Camillo de Rome a publié une offre d'emploi pour deux médecins qui s'engageraient à ne pas faire valoir la clause de conscience relative à l'avortement, exigence pour voir leurs candidatures acceptées. Deux médecins ont ainsi été recru...

Lire la suite

La liberté des institutions de soins en jeu au Canada ?

La liberté des institutions de soins en jeu au Canada ?

- Clauses de conscience

Un patient soigné dans l'hôpital Saint-Paul, où "l'aide à mourir" n'est pas une option, a été transféré à l'hôpital général de Vancouver. En raison d'un défaut de communication entre les deux hôpitaux, le transfert ne s'est apparemment pas déroulé comme prévu. Cet événement relance au Canada le débat sur l'accessibilité de l'aide à mourir dans les établissements médicaux religieux.

Suite à cette expérience, l'hôpital Saint-Paul a mis en place un protocole de partage d'information et a embauch...

Lire la suite

Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins

Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins

- Clauses de conscience

Deux règlements de l'Ordre des Médecins de l'Ontario obligent tout médecin qui ne souhaite pas pratiquer l'euthanasie, à référer lui-même son patient demandeur d'aide au suicide vers un médecin ou centre médical qui la pratique.

Pourtant, la loi canadienne sur l'aide médicale à mourir du 17 juin 2016 exprime explicitement qu'aucun médecin n'a l'obligation de pratiquer ni d'offrir son aide pour faire mourir quelqu'un, en vertu de son droit à la liberté de conscience.

C'est pourquoi 4.700 méde...

Lire la suite