Aide Médicale à Mourir : le Manitoba protège l’objection de conscience des soignants

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités - Canada

Publié le : 01/06/2017

Le gouvernement du Manitoba a déposé un projet de loi provincial visant à protéger l'objection de conscience du personnel médical et la liberté des établissements de santé en matière de fin de vie.

Au Canada, l'Aide Médicale à Mourir est décriminalisée par une loi fédérale depuis juin 2016. Cette loi n'oblige personne à fournir cette prestation « attendu que chacun jouit de la liberté de conscience et de religion ». Cependant, elle reconnaît comme compétence des provinces la réglementation des professions de la santé ; c'est pourquoi, afin d'assurer une double protection à l'objection de conscience, la province du Manitoba empêchera aux organismes de réglementation de profession de mettre en place des règles ou des normes obligeant à fournir l'aide médicale à mourir ou à participer à sa prestation.
Le texte ne fait pas l'unanimité, Dying With Dignity Canada soupçonne le Gouvernement Pallister de vouloir limiter, voire de supprimer, l'accès à l'assistance médicale à mourir dans le Manitoba, tandis que d'autres affirment que l'objection de conscience est une entrave à l'accès aux soins du patient. C'est notamment le cas d'Arthur Schafer, directeur fondateur du Centre for Professional and Applied Ethics, qui estime que l'objection de conscience ou les valeurs religieuses d'un médecin ne devraient en aucun cas prendre l'ascendant sur l'autonomie du patient.

De son côté, le syndicat des infirmiers du Manitoba s'est dit rassuré par cette mesure sécurisant l'emploi du personnel ne souhaitant pas concourir à l'aide médicale à mourir en écartant toute mesure disciplinaire à cet égard.
Au moins trois institutions médicales de Winnipeg se sont déjà opposées à fournir l'aide médicale à mourir.

Dossier : La liberté des institutions de soins eu égard à la pratique de l'euthanasie

Source : Winnipeg Sun


Articles similaires

Clause de conscience pour les professionnels de la santé

Clause de conscience pour les professionnels de la santé

- Clauses de conscience

Des professionnels de la santé sont sollicités d'exécuter ou de concourir à un acte qui heurte leur conscience. Leur objection éthique n'est pas nécessairement liée à une conviction religieuse ; elle s'appuie aussi sur des motifs d'ordre scientifique ou liés à la conception qu'ils se font de leur déontologie professionnelle.
Un médecin peut-il refuser de pratiquer une euthanasie ? Une infirmière peut-elle refuser de participer à un avortement ? Un pharmacien peut-il refuser de délivrer certain...

Lire la suite

Norvège : la Cour suprême tranche en faveur de l’objection de conscience des médecins

Norvège : la Cour suprême tranche en faveur de l’objection de conscience des médecins

- Clauses de conscience

La Cour suprême de Norvège a tranché en faveur de l'objection de conscience et de la liberté de conscience des médecins. Elle a jugé que le Dr Katarzyna Jachimowicz était dans son droit de refuser d'implanter des dispositifs intra-utérins (stérilets) chez ses patientes en vertu d'objections morales. Se basant sur un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme, elle a demandé au gouvernement norvégien de respecter le droit à l'objection de conscience des professionnels de la santé.

C'est...

Lire la suite

Uruguay : la justice renforce l’objection de conscience des gynécologues face à l’avortement.

Uruguay : la justice renforce l’objection de conscience des gynécologues face à l’avortement.

- Clauses de conscience

Le 21 août 2015, le Tribunal du contentieux administratif uruguayen a donné raison à un collectif de 100 médecins gynécologues contre le gouvernement, afin de soutenir leur clause de conscience face à l'avortement.
A l'occasion de ce procès, les juges se sont penchés sur la loi relative à l'avortement pour en supprimer sept articles attentatoires à l'objection de conscience des médecins.
En effet, la loi imposait aux gynécologues de prendre part indirectement au processus menant à l'IVG: ils a...

Lire la suite