« Touche pas à mon père » Alliance Vita se mobilise pour les enfants

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Procréation médicalement assistée

Actualités

Publié le : 21/11/2018

Le jeudi 15 novembre 2018 dans 70 villes de France, Alliance VITA a lancé sa campagne nationale d'alerte et de mobilisation « Touche pas à mon père ! PMA, jamais sans papa ». Cette action fait grand bruit en France alors que le gouvernement va déposer un projet de loi de révision de la loi bioéthique début 2019, qui pourrait inclure la procréation médicalement assistée (PMA) pour des femmes célibataires ou vivant en couple, c'est-à-dire la PMA sans père.

Aujourd'hui en France, la PMA est réservée aux couples homme-femme souffrant d'infertilité médicalement avérée ou risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant. Avec la réforme, le critère d'infertilité médicale pour la PMA serait abandonné.

Dans une vidéo, le délégué général d'Alliance Vita, Tugdual Derville, alerte contre « l'amputation pour certains enfants de toute référence paternelle dans leur généalogie ou dans leur éducation », précisant que l'objet de la mobilisation est avant tout une question de paternité pour défendre « les intérêts des enfants d'aujourd'hui et de demain ».

Un sondage commandité à l'IFOP par Alliance VITA en juin dernier, selon lequel 93% des Français estiment que « le père a un rôle essentiel à jouer pour l'enfant », appuie le message des citoyens et manifeste le manque d'assise populaire du projet de loi.

L'association lance en ligne une pétition à l'intention du président de la République, afin qu'il renonce à cette « rupture majeure et gravissime » qui aboutirait à produire artificiellement des enfants sans père. Faire intervenir la médecine pour un critère qui n'est pas médical est une étape qui, selon l'association, « conduit non seulement à la GPA – système des mères porteuses qui instrumentalise le corps de la femme – mais aussi à un marché étatisé de la procréation ».

La campagne se fait ainsi l'écho de certaines voix dissidentes au sein du CCNE (Comité consultatif national d'éthique), qui craignent que l'élargissement de la PMA aux personnes qui ne sont pas infertiles « modifie profondément les relations de l'enfant à son environnement familial, en termes de repères familiaux, d'absence de père, institutionnalisée ab initio ». (Voir Bulletin de l'IEB)

En Belgique, aux pratiques très libérales dans la pratique de la PMA, le législateur s'est refusé à préciser la qualité des bénéficiaires de la PMA. Sous réserve des limites d'âge, peuvent donc recourir à la PMA, des couples, mariés ou non, stables ou non, homo- ou hétérosexuels ainsi que des personnes seules – célibataires, veuves, divorcées – homo- ou hétérosexuelles. L'enfant est donc parfois, dès l'origine, privé de son père. (Voir le Dossier de l'IEB) La demande de sperme a d'ailleurs fortement augmenté ces dernières années, ce qui oblige la Belgique à importer 90% des spermatozoïdes du Danemark.


Articles similaires

Deux enfants conçus après le décès de leur père

Deux enfants conçus après le décès de leur père

- Procréation médicalement assistée

La loi du 6 juillet 2007 relative à la procréation médicalement assistée autorise la conception d'un enfant après le décès du père. La loi impose qu'il soit fait expressément mention de ce projet dans la convention passée entre les auteurs du projet parental et le centre de fécondation.
En outre, l'insémination ou l'implantation ne peuvent être effectuées au plus tôt six mois après la mort du papa et au plus tard deux ans après son décès.
Selon la vice-Première PS, Laurette Onkelinx, 5 fertili...

Lire la suite

20 ans d’insémination ICSI en Belgique : un suivi des 15.000 enfants serait prudent...

20 ans d’insémination ICSI en Belgique : un suivi des 15.000 enfants serait prudent...

- Procréation médicalement assistée

Les médecins reconnaissent que l'ICSI* est une technique nettement plus forcée et moins « naturelle » que la FIV classique, d'où le fait que l'on se pose encore des questions par rapport à l'état de santé des bébés issus de cette technique.
Le Dr Michel De Vos, gynécologue d'un centre de médecine reproductive affirme qu'« il existe bel et bien des différences entre les enfants conçus naturellement et ceux issus de ces techniques. On remarque que le poids de l'enfant à la naissance est moindre ...

Lire la suite

Donneur de sperme : deux enfants malades

Donneur de sperme : deux enfants malades

- Don de gamètes

Deux enfants nés au centre de la fertilité de l'hôpital AZ Sint-Lucas à Gand sont atteints de neurofibromatose, une maladie génétique. Et ce à cause du sperme du donneur danois utilisé pour leur conception.On apprenait l'an passé qu'un Danois porteur d'un gène déficient avait donné son sperme à la Nordic Cryobank, une banque de sperme commerciale à Copenhague. Son sperme a été envoyé dans au moins dix pays, dont la Belgique. Il serait le père biologique de 43 enfants, dont 9 auraient développé...

Lire la suite