Europe : recours accru à la FIV malgré une fertilité stable.

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Procréation médicalement assistée

Actualités

Publié le : 24/05/2017

Un article du European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology fait état d'un usage toujours plus conséquent de la fécondation in vitro (FIV) malgré une fertilité stable. Depuis la mise au point de cette technique en 1978, 1,4 millions d'enfants en seraient nés en Europe selon ESHRE (4 millions dans le monde).

La forte hausse des demandes de FIV laisse penser que la population est de plus en plus confrontée à une incapacité à concevoir naturellement. Notre santé reproductive serait-elle en déclin ? Les auteurs de l'étude répondent par la négative : le taux d'infertilité est stable sur ces 20 dernières années. Comment donc expliquer cette explosion du recours à la FIV ?

L'accès généralisé aux moyens de contraception depuis les années 1970 encourage à reporter sa maternité après de plus longues études supérieures et l'accomplissement d'ambitions de carrière. Or, c'est entre 18 et 30 ans que les femmes sont les plus fertiles. La FIV est perçue comme pouvant émanciper de l'horloge biologique féminine et de grands espoirs sont placés dans cette technique pour avoir des enfants au moment choisi, surtout à partir de 35 ans.

L'infertilité est définie depuis 2008 comme l'incapacité à concevoir malgré des rapports sexuels réguliers non protégés pendant plus d'un an. Un amalgame s'est fait entre l'infertilité périodique et l'incapacité absolue à procréer pour des raisons bien identifiées. Etre toujours infertile au bout d'un an est interprété souvent à tort comme une maladie du système reproductif plutôt qu'un échec temporaire à concevoir. On estime alors que les chances de concevoir après 1 an de rapports infertiles justifie le recours à la FIV. Pourtant, 50% des couples échouant à concevoir au bout d'un an y parviennent naturellement la 2ème année et encore nombreux sont ceux qui y arrivent les années suivantes.

Une idée selon laquelle la qualité du sperme serait en déclin s'est répandue malgré l'absence de preuves scientifiques, provoquant un recours précipité à la FIV. Même si la pollution environnementale présente un risque pour la fertilité humaine, on ne peut affirmer qu'elle soit à l'origine d'une « crise du sperme ».

Il serait bon de rappeler que la FIV présente plus de risques et d'effets secondaires qu'une grossesse naturelle. Ne vaudrait-il alors pas mieux attendre au-delà d'un an avant d'envisager la FIV et anticiper sa maternité ?

Source : E. te Velde, et al., Ever growing demand for in vitro fertilization despite stable biological fertility - A European paradox, Eur J Obstet Gynecol (2017)


Articles similaires

Effets secondaires des traitements de l’infertilité

Effets secondaires des traitements de l’infertilité

- Procréation médicalement assistée

Le milieu scientifique en Belgique est demandeur d'une plus grande transparence dans les traitements de l'infertilité, pour pouvoir mieux évaluer l'efficacité réelle des traitements et les effets secondaires psychiques. En effet, seul un cycle FIV/ICSI sur cinq aboutit à une grossesse. En outre, l'Instituut voor Samenleving en Technologie (IST) a démontré qu'il faut en moyenne deux ans de traitement de l'infertilité pour aboutir à une naissance.

Par ailleurs, étant donné la forte pression psy...

Lire la suite

Cour européenne des droits de l’homme: revirement en faveur de la loi autrichienne

Cour européenne des droits de l’homme: revirement en faveur de la loi autrichienne

- Procréation médicalement assistée

Revirement de la Cour européenne des droits de l'homme : l'interdiction de la fécondation in vitro avec donneur ne viole pas le droit à la vie privée et familiale.

Deux couples vivant en Autriche ont des difficultés à concevoir un enfant. Dans le premier couple, le mari est stérile, tandis que dans le second, la femme est atteinte d'une pathologie qui empêche l'ovulation. Le premier couple souhaite obtenir un don de sperme tandis que le second souhaite bénéficier d'une fécondation in vitro av...

Lire la suite

Limiter le recours aux procréations médicalement assistées en  Belgique ?

Limiter le recours aux procréations médicalement assistées en Belgique ?

- Procréation médicalement assistée

Ce 23 octobre 2012, une proposition de loi a été déposée par Mme Elke Sleurs et consorts (doc 5-1816/1), afin d'instaurer une obligation d'échange d'information préalable à chaque traitement de l'infertilité.

Les auteurs partent d'un constat : l'augmentation constante du nombre de traitements de l'infertilité (2000 patients par 1 000 000 d'habitants, alors que la moyenne européenne tourne autour de 500) et des remboursements toujours plus généreux. L'IST (Instituut voor Samenleving en Techno...

Lire la suite