En recherche de son père, Steph aide les autres à retrouver leurs origines biologiques

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Thématique : Début de vie / Procréation médicalement assistée

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 03/07/2019

Stephanie Reymaecker (41 ans), est née d'une insémination avec don de sperme. Elle ne l'a appris qu'à l'âge de 25 ans et depuis lors, cherche qui est son vrai père. Mais au-delà d'une quête personnelle qu'elle partage sur son blog, elle s'est consacrée à aider les autres personnes issus de dons anonymes de gamètes, à retrouver leurs origines biologiques.

Avec cinq « enfants de donneurs », elle a fondé la plateforme Donor Detectives : « Nous soutenons les personnes qui sont nées de gamètes anonymes, parce que nous pensons que chacun a le droit de connaître l'histoire de son existence et d'avoir la possibilité de renouer avec sa famille biologique ». Le site explique pas à pas comment procéder pour retrouver ses parents biologiques. Il s'adresse aussi aux donneurs, et aux parents « adoptifs » en les enjoignant à révéler la vérité à leurs enfants : « Le plus important que vous puissiez faire pour votre enfant, c'est d'être entièrement honnête et transparent avec lui sur l'histoire de sa conception ».

La jeune femme belge a une façon dynamique et d'aborder ce qui peut être une quête d'identité angoissante pour ces personnes. Elle organise des rencontres entre enfants de donneurs, pour qu'ils se sentent soutenus et puissent partager leur vécu. Après-midi de détente, soirées cinéma, conseils pratiques ou ludiques pour avancer dans leurs recherches…

Au niveau politique aussi, son action porte des fruits : les témoignages comme le sien ont poussé le Parlement flamand à créer le Centre Flamand de la Descendance (Vlaams Afstammingscentrum), qui comprendra une banque de données ADN. Il sera effectif dès le 1er janvier 2020. En remettant ses données ADN à la banque, un enfant de donneur ou adopté pourra demander qu'on recherche les correspondances éventuelles de son ADN avec d'autres données ADN perçues sur base volontaire. Le Centre prévoira aussi un accompagnement psycho-social pour ces personnes, ce qui le distingue des plateformes internationales de tracking génétique. L'impact sera toutefois limité, puisque les données ADN ne seront perçues que sur base volontaire.

C'est un premier pas, encore insuffisant par rapport aux recommandations du Conseil de l'Europe sur le droit de connaître ses origines. En effet, dans une recommandation du 12 avril 2019, le Conseil de l'Europe a enjoint ses Etats membres à « renoncer à l'anonymat pour tous les dons futurs de gamètes dans les États membres du Conseil de l'Europe et interdire l'utilisation de spermatozoïdes et d'ovocytes donnés anonymement ». Une démarche que la Belgique n'est pas encore prête à accepter, si ce n'est le CD&V (voir l'interview de la députée CD&V Katrien Schryvers sur le plateau télévisé flamand de Lieven Van Gils). Reste aussi la question de la levée de l'anonymat pour les dons passés, qu'attendent aujourd'hui des milliers d'enfants-donneurs pour retrouver leur(s) parent(s) biologique(s).

En janvier 2019, Stephanie a enfin rencontré un demi-frère. Celui-ci ne savait pas qu'il était issu d'une insémination avec don de sperme… Tous deux sont encore à la recherche de leur père biologique.


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