Thaïlande : vers une prise de conscience de la situation des mères porteuses

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Gestation pour autrui

Actualités

Publié le : 05/02/2015

Le cas de Gammy, un jeune nouveau-né trisomique, abandonné à sa mère porteuse en Thaïlande alors que sa jumelle non porteuse de la maladie était emportée par le couple commanditaire australien, a récemment défrayé la chronique. Faisant valoir que le père biologique des enfants était australien, la jeune mère porteuse thaïlandaise, Pattaramon Chanbua, a confirmé il y a peu avoir demandé et obtenu la nationalité australienne pour son fils Gammy. « Si moi et toute ma famille mourons et laissons Gammy seul au monde, au moins le gouvernement australien l'aidera », a déclaré à l'AFP la jeune femme de 21 ans. Mais dans l'immédiat, elle n'a pas l'intention d'envoyer son fils en Australie. « Je veux qu'il reste auprès de moi en Thaïlande », a-t-elle insisté.
L'impact de l'affaire Gammy a mis en lumière un autre scandale en matière de GPA, avec la découverte d'une véritable « usine à bébés » à Bangkok. Mitsutoki Shigeta, milliardaire japonais, avait le projet d' « enfanter en série ».
Il louait un appartement à Bangkok pour des femmes utilisées comme "porteuses", et qui avaient déjà donné naissance pour lui à au moins 9 bébés. Dans le cadre de l'enquête qui avait dévoilé le scandale de leurs conditions de naissance, ces enfants avaient été retirés à leurs mères. Celles-ci ont porté plainte, le 14 janvier, contre l'Etat thaïlandais, pour récupérer leurs enfants remis aux services sociaux et actuellement placés en orphelinat.
Faisant suite à ces scandales répétés, le Parlement thaïlandais a adopté le 28 novembre 2014, en première lecture, un projet de loi visant à interdire le recours à une mère porteuse, sauf au sein d'une famille ou pour des amis, dans des conditions strictement contrôlées.
Ces affaires ont été l'occasion pour plusieurs associations de rappeler que la GPA viole le droit européen et international, en particulier les conventions sur les droits de l'enfant (1989), sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979), en matière d'adoption (1967 et 1993), sur la lutte contre la traite des êtres humains (2005), sur les droits de l'homme et la biomédecine (1997).
Source : AFP
 


Articles similaires

Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

Des entreprises américaines de vente d’enfants s’invitent pour la cinquième fois à Bruxelles

- Gestation pour autrui

A Bruxelles, les 21 et 22 septembre prochains, des entreprises américaines et canadiennes proposeront sur catalogue un éventail de femmes qui acceptent de porter un enfant contre rémunération pour le remettre ensuite aux commanditaires à la naissance. Des adultes belges et étrangers verront ainsi s'offrir la possibilité de commander la gestation et la délivrance d'un enfant pour un prix situé entre 80.000 et 150.000 euros. C'est la cinquième année de suite que ces organisations promeuvent en ...

Lire la suite

Mobilisation citoyenne contre le salon des mères porteuses à Bruxelles " Man Having babies"

Mobilisation citoyenne contre le salon des mères porteuses à Bruxelles " Man Having babies"

- Gestation pour autrui

Une mobilisation citoyenne aura lieu ce dimanche à Bruxelles contre la gestation pour autrui (GPA), alors que l'organisation américaine Men having babies revient pour la quatrième fois promouvoir la GPA commerciale à l'occasion d'un salon au Hilton, à Bruxelles.

Le salon Men having babies invite des firmes américaines proposant sur catalogue un éventail de femmes qui acceptent de porter un enfant contre rémunération pour l'abandonner ensuite aux commanditaires à la naissance. Le prix global d...

Lire la suite

Mères porteuses en Belgique : une pratique anonyme dans des centres non identifiables

Mères porteuses en Belgique : une pratique anonyme dans des centres non identifiables

- Gestation pour autrui

Répondant à une question parlementaire de la sénatrice Elke Sleurs (N-VA) posée en décembre 2011 à propos de la pratique des mères porteuses en Belgique (Question écrite 5-4239), la ministre des Affaires sociales vient de faire savoir (16 janvier 2013) que le recours à une mère porteuse est une pratique exceptionnelle qui n'est réalisée que dans une minorité de programmes de soins en médecine de la reproduction. Les indications et les modalités de cette pratique font partie du code éthique de ...

Lire la suite