Détecter les anomalies des chromosomes sexuels avant la naissance : le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique émet de fortes réserves

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Eugénisme

Actualités - Belgique

Publié le : 29/05/2021

Auteur / Source : Institut Européen de Bioéthique

Le dépistage prénatal non-invasif (DPNI) ne devrait pas automatiquement s'appliquer aux anomalies des chromosomes sexuels chez l'enfant à naître, a estimé le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB) dans son 76e avis du 30 avril 2021. Le Comité est en revanche favorable à ce que les futurs parents puissent opter, de façon élective, pour ce dépistage, à la condition qu'ils aient reçu les informations adéquates avant le test, et que les résultats leur soient communiqués de façon compréhensible et nuancée. Aujourd'hui, cette condition essentielle n'est pas remplie : « Les futurs parents ne sont, actuellement, pas suffisamment conseillés ni préparés à comprendre les implications des découvertes potentielles en dehors des trisomies 21, 13 et 18 », affirme le Comité. 

 

Les anomalies numériques du chromosome X ou Y, appelées aussi aneuploïdies du chromosome sexuel, engendrent principalement le syndrome de Turner, le syndrome de Klinefelter, le syndrome du triple X, et le syndrome de Jacob ou du double Y. Aucune de ces maladies n'est mortelle, et elles sont généralement considérées comme des affections bénignes, comportant relativement peu d'anomalies physiques graves. Elles peuvent toutefois mener à une infertilité ou à une fertilité diminuée (par rapport à la moyenne). Or, les caractéristiques de ces maladies sont « foncièrement faussées par la surreprésentation de sujets présentant une atteinte clinique plus sévère, un développement atypique, des problèmes comportementaux ou d'autres troubles cliniques » (Van Rijn, 2019). 

 

Par le passé, ces pathologies pouvaient être identifiées, fortuitement, lors... 


Articles similaires

Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

Belgique : eugénisme et progrès de la médecine reproductive

- Eugénisme

La Belgique est connue pour son expérience dans le domaine de la génétique reproductive, et en particulier dans le diagnostic pré-implantatoire (DPI) et le diagnostic génétique prénatal. Unissant leurs compétences, le pôle « Hôpital Erasme - UZ Brussel » dit vouloir se positionner comme le plus expérimenté au monde en la matière.

On y compte 2.600 naissances de bébés qui, après avoir été sélectionnés par les généticien grâce au DPI, n'ont pas hérité de la maladie génétique portée par leur(s) ...

Lire la suite

Plus de 20.000 embryons détruits en Belgique chaque année sur base de leur « aspect »

Plus de 20.000 embryons détruits en Belgique chaque année sur base de leur « aspect »

- Eugénisme

Plusieurs scientifiques (1) remettent en question la destruction systématique d'embryons sur base de leur aspect. Jean-Michel Debry, écrivait déjà dans un article paru dans « Le Généraliste » du 14 janvier 2010 que « la morphologie des embryons n'est pas, dans une large mesure, indicatrice des aptitudes implantatoires. Les biologistes de PMA ont déjà une idée de cette réalité dans la mesure où lorsqu'ils ont l'occasion de prolonger la culture in vitro jusqu'au 5ème ou au 6ème jour, ils peuvent...

Lire la suite

Coût et bénéfice de l'eugénisme en Belgique

Coût et bénéfice de l'eugénisme en Belgique

- Eugénisme

La Belgique est le premier Etat à généraliser l'accès au "DPNI" ( Dépistage Prénatal Non Invasif ). Ce test génétique a même été élu "Produit de l'année 2017" par les lecteurs du Journal « De Standaard », devançant la « Fondation contre le cancer » et le « Bitcoin ».

Jusqu'à 26 millions d'euros seront déboursés annuellement par l'INAMI pour permettre à 100.000 femmes belges enceintes chaque année de faire le test.

Promu par la Ministre de la Santé (voir Bulletin IEB), parce que "cela permet...

Lire la suite