Intelligence Artificielle : un outil pour trier les embryons

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Diagnostics prénataux

Actualités

Publié le : 20/05/2020

Auteur / Source : Gènéthique, Harrison.ai

L'intelligence artificielle (IA) s'invite dans la procréation médicalement assistée. Une étude menée actuellement en Australie, au Danemark et en Irlande a pour but de mesurer l'efficacité de l'IA dans le tri des embryons durant l'incubation dans le cadre d'une fécondation in vitro (FIV). L'objectif de la machine est de sélectionner un embryon viable. Plus précisément, le modèle d'IA utilisé, appelé Ivy, prédit si cet embryon va former un coeur foetal après six semaines.

Aujourd'hui, c'est un embryologiste qui choisit l'embryon qui a le plus de chance de s'implanter dans l'utérus de la femme en étudiant la dernière image de l'embryon. A ce jour, «un bon embryologiste peut encore être bien meilleur qu'une machine. » Mais « les cellules se déplacent et changent de manière très étrange pendant les cinq jours où l'embryon est dans l'incubateur et il est complètement impossible pour un humain de comprendre ce que tout cela signifie », explique le Dr Peter Illingworth, directeur médical de FIV Australie, qui dirige l'essai.

L'étude est menée auprès de 1000 patientes. Pour la moitié d'entre elles, leurs embryons seront observés et choisis par un embryologiste. Pour l'autre moitié, des images bidimensionnelles ou au microscope de l'embryon seront prises toutes les 10 minutes. Ivy en déduira le futur rythme cardiaque du foetus et sélectionnera « l'embryon ayant obtenu le meilleur score (...) pour être transféré par l'embryologiste et augmenter les chances de grossesse. » En effet, Ivy a appris à reconnaître les embryons les plus viables en observant plus de 10.000 embryons humains se développer en incubation. Elle a ensuite croisé ces observations avec le déroulement des grossesses suite à l'implantation de ces mêmes embryons. La machine en a donc déduit quels comportements de l'embryon incubé induisent des grossesses menées à terme.

Mais la machine utilisée ne lit pas l'ADN, ce qui signifie par exemple qu'elle pourrait sélection un embryon porteur de trisomie 21 ou n'ayant aucune chance de s'implanter pour des raisons génétiques. Les résultats de l'étude, qui durera 12 mois, sont attendus l'année prochaine.

Avec les méthodes d'intelligence artificielle comme celle d'Ivy qui procèdent du deep learning (les machines apprennent en enregistrant d'immenses bases de données) apparaît le problème de la “boîte noire”. On ignore en effet la façon précise dont elles procèdent pour arriver à leurs conclusions. En l'occurrence, on ignore donc les critères d'Ivy pour sélectionner un embryon. On ne sait pas non plus si la machine reconnaît de manière systématique un embryon viable ou si des embryons tout à fait viables mais dissemblables sont écartés (et donc détruits).


Articles similaires

717 embryons testés par le DPI afin d’éviter le cancer du sein ?

717 embryons testés par le DPI afin d’éviter le cancer du sein ?

- Diagnostics prénataux

Selon une étude belgo-néerlandaise, "la sélection par diagnostic préimplantatoire d'embryons exempts d'une mutation génétique provoquant des cancers du sein est une opération 'possible' mais reste une question 'controversée' ".
L'étude, dirigée par le Pr Willem Verpoest de l'Université UZ Brussel, a consisté, pour 70 couples, à faire "appel à des 'diagnostics génétiques préimplantatoires' pour écarter les mutations génétiques  BRCA1 et BRCA2, connues pour entraîner cancers du sein ou de l'ova...

Lire la suite

Des embryons prédisposés au cancer isolés par un diagnostic pré-implantatoire

Des embryons prédisposés au cancer isolés par un diagnostic pré-implantatoire

- Diagnostics prénataux

Trois jours après la fécondation in vitro d'ovules provenant de femmes qui présentent des affections génitales pouvant mener au cancer (neurofibromatose de type 1 ou maladie de Von Hippel-Landau), des chercheurs de l'hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven)  ont pu  déterminer par des tests génétiques si certains des embryons ont un risque de développer le syndrome du cancer à l'âge adulte. Seuls les embryons ne présentant pas cette affection génitale ont été replacés dans l'utérus

Source...

Lire la suite

Pays-Bas : des 100.000 embryons humains conçus in vitro par an, que reste-t-il ?

Pays-Bas : des 100.000 embryons humains conçus in vitro par an, que reste-t-il ?

- Procréation médicalement assistée

« Il y a une exigence morale à faire des recherches sur les embryons pour avoir de meilleurs résultats en matière de Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour tous les couples infertiles. » C'est ainsi que certains justifient leur volonté d'élargir la loi "embryons" aux Pays-Bas.
Actuellement, celle-ci interdit la création d'embryons humains à des fins de recherche. Mais la semaine dernière, à la demande de la Deuxième Chambre, médecins, chercheurs et éthiciens ont avancé leurs arguments en...

Lire la suite