Publicité ciblée pour la pilule du surlendemain

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Thématique : Début de vie / Contraception

Actualités

Publié le : 20/03/2019

« C'est MA VIE, MON CHOIX, MON LENDEMAIN A MOI » ou « Un bébé ? Qui sait ? Peut-être un jour… Mais là, c'est mon choix, ma décision à moi. » sont les nouveaux slogans des trois publicités d'ellaOne pour la « pilule du surlendemain ». Epinglées ces derniers jours aux vidéos Youtube, ces publicités ont ciblé les femmes en Belgique, au moment-même où la Commission Santé adoptait un projet de loi visant à rembourser la pilule du lendemain quel que soit l'âge de la femme. 

La substance que contient cette pilule (Ulipristal acétate) a des effets antagonistes sur les récepteurs de progestérone. Malgré cela, elle a été autorisée en mai 2009, suite à son retrait de la liste des substances vénéneuses par la Commission européenne. Elle est disponible sans prescription médicale en pharmacie et doit être ingérée dans les 5 jours suivant un rapport sexuel « non-protégé ». 

Sur le site d'ellaOne, on lit que cette pilule « reporte l'ovulation et de ce fait peut empêcher une grossesse d'arriver ». Cependant, la société émettrice HRA Pharma ajoutait au paravant dans les caractéristiques du produit, que « des altérations de l'endomètre peuvent aussi contribuer à l'efficacité du produit ». Ce qui, autrement dit, signifie que la pilule modifie l'endomètre, le rendant impropre à accueillir l'oeuf fécondé, l'embryon.

En effet, si la pilule est prise après l'ovulation, la conception pourrait avoir lieu, et la pilule aurait alors pour effet d'empêcher la nidation de l'embryon dans la paroi de l'utérus (du fait de l'amincissement de l'endomètre et d'un retard de sa maturation), ce qui ne permettrait pas à l'embryon de survivre. Si par contre la pilule est ingérée alors que l'ovulation n'a pas encore eu lieu, elle n'aura qu'un effet contraceptif en bloquant ou en retardant l'ovulation, le temps que le sperme ne soit plus actif. L'action de la pilule varie donc en fonction du moment du cycle où elle est prise.

En tout état de cause, l'effet potentiellement abortif de la substance, parfois qualifiée de "bombe hormonale", n'a pas empêché la campagne médiatique qu'en fait ellaOne, car depuis la nouvelle loi relative à l'interruption volontaire de grossesse, il est parfaitement autorisé de faire de la publicité pour les moyens abortifs. (Voir Dossier de l'IEB sur l'avortement, p. 22)

Sources : piluledulendemain.ellaone.be, Dr Justo Aznar, “Ulipristal acetate. A new emergency contraceptive. Ethical aspects of its use”.


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