Pays-Bas : imposer la contraception aux femmes jugées incompétentes

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Contraception

Actualités

Publié le : 06/10/2016

L'échevin à l'Education, à la Jeunesse et aux Soins, de la ville de Rotterdam, Hugo de Jonge, du parti démocrate-chrétien CDA, a fait une proposition conseil communal afin d'imposer la contraception à certaines femmes. La mesure concernerait entre dix et vingt femmes par an, des femmes aux problèmes psychiatriques ou de dépendance, mentalement déficientes, sans abri ou qui travaillent dans la prostitution. Elles seraient ainsi jugées inaptes à avoir un enfant. 
Hugo de Jonge entend ainsi régler le sort des enfants qui, dès leur naissance, pourraient se trouver dans un environnement fragilisé et qui sont confiés actuellement temporairement à l'assistance sociale lorsque la maman ne peut s'en occuper.

Selon la proposition, un juge déciderait si la femme concernée peut être obligée à faire usage d'un moyen contraceptif, comme c'est déjà le cas pour la médication sous contrainte en psychiatrie. Les femmes se verraient alors imposer un stérilet ou un implant dans le bras pendant trois ans.

« Il y a parfois des cas de maltraitance qui ont des conséquences mortelles pour les enfants. Grandir dans un milieu sécurisé et sain, est un droit fondamental de l'enfant. », affirme Hugo de Jonge. La solution préconisée par ce dernier est de ne pas permettre la conception de cet enfant. Et d'ajouter  « Nous choisissons (l'intérêt de) l'enfant. »

 

Les questions éthiques sugissent immédiatement. Rendre la contraception obligatoire est en contradiction avec les droits fondamentaux et la liberté des femmes, quelle que soit leur situation. Tout en omettant la responsabilité des hommes dans ce domaine, règle-t-on par une contraception forcée, les problèmes structurels d'une société, que sont la drogue, le chomâge, la pauvreté et la prositution ? Et même si l'on est conscient de la nécessité d'un milieu porteur pour qu'un enfant puisse grandir, comment anticiper quel sera son devenir avant même sa conception ? Aider ces femmes en difficulté et les entourer, tout en respectant leur liberté, est sans doute l'enjeu d'une véritable solidarité.

 

 

Dans un communiqué, l'Association des médecins néerlandais (KNMG) a réagi en affirmant que la mesure serait inadaptée et inefficace. Il s'agit pour eux de privilégier la prévention et non de forcer par une telle mesure.
Source : Algemeen Dagblad


Articles similaires

La contraception hormonale de moins en moins satisfaisante ?

La contraception hormonale de moins en moins satisfaisante ?

- Contraception

Aux Pays-Bas, de moins en moins de femmes ont recours à la contraception hormonale. En 2017, 1.7 millions de femmes se sont vues prescrire la pilule, l'implant ou le stérilet hormonal, ce qui représente 43 % des femmes en âge de procréer, contre 48 % en 2015.

Si cette baisse de « consommation » concerne tous les âges de 15 à 48 ans, elle est la plus forte parmi les femmes entre 21 et 31 ans. Jusqu'à 21 ans, la contraception est en effet automatiquement remboursée par la sécurité sociale.

La ...

Lire la suite

Le CPAS d’Alost incitera-t-il systématiquement ses candidats à la contraception ?

Le CPAS d’Alost incitera-t-il systématiquement ses candidats à la contraception ?

- Contraception

La mesure a fait couler de l'encre ces derniers jours en Flandre : le CPAS d'Alost a décidé de suggérer d'office la prise de contraceptifs aux candidats pour le revenu d'intégration. « Nous devons oser dire aux gens qu'ils doivent prendre temporairement des contraceptifs », a annoncé Sarah Smeyers (NV-A), présidente du CPAS d'Alost. De plus, le CPAS remboursera la contraception si besoin.

Entre obligation, encouragement et possibilité, le degré d'application de la mesure reste ambigu. Sarah ...

Lire la suite

Plus de 9.000.000 d’euros pour financer la contraception des jeunes

Plus de 9.000.000 d’euros pour financer la contraception des jeunes

- Contraception

C'est par l'AR du 21 mai 2013 et paru au Moniteur le 20 juin 2013, que le projet pilote réglementant le remboursement des contraceptifs pour les jeunes femmes de moins de 21 ans, a été prolongé pour 2012. Une enveloppe de 9.313.000 euros avait été prévue dans cette optique, soit 300.000 euros de plus que pour 2011.
L'intervention ne concerne pas seulement la pilule, mais également les patchs, les stérilets, les implants, etc. La liste des contraceptifs visés est en principe actualisée tous les...

Lire la suite