Le CPAS d’Alost incitera-t-il systématiquement ses candidats à la contraception ?

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Contraception

Actualités

Publié le : 12/12/2018

La mesure a fait couler de l'encre ces derniers jours en Flandre : le CPAS d'Alost a décidé de suggérer d'office la prise de contraceptifs aux candidats pour le revenu d'intégration. « Nous devons oser dire aux gens qu'ils doivent prendre temporairement des contraceptifs », a annoncé Sarah Smeyers (NV-A), présidente du CPAS d'Alost. De plus, le CPAS remboursera la contraception si besoin.

Entre obligation, encouragement et possibilité, le degré d'application de la mesure reste ambigu. Sarah Smeyers affirme d'une part que la prise de contraceptifs restera « volontaire » et que « les familles qui la refusent ne seront pas sanctionnées », tout en précisant qu'il est important d'aborder systématiquement le sujet pour « combattre la pauvreté familiale ». Il s'agit donc avant tout d'un incitant moral et financier à la contraception pour les personnes en difficultés.

Le remboursement de la contraception pour les bénéficiaires du revenu d'intégration n'est pas une première : il est déjà proposé dans la commune de Gand depuis l'année dernière, mais sans que son CPAS ne doive conseiller explicitement la prise de contraceptifs.

Pour le Professeur d'éthique Heidi Mertens (UGent), une telle mesure « générale » va trop loin. Le sociologue Wim Van Lancker (KULeuven) se montre aussi préoccupé : « C'est vendu comme une mesure de lutte contre la pauvreté », de même que David De Vaal, coordinateur du Réseau contre la Pauvreté : « La manière dont la chose est présentée rend difficile de ne pas envisager la mesure comme contraignante. »

De telles dispositions laisseraient-elles présager un couplage imposé de la contraception à la perception de l'aide sociale ?


Articles similaires

La contraception hormonale de moins en moins satisfaisante ?

La contraception hormonale de moins en moins satisfaisante ?

- Contraception

Aux Pays-Bas, de moins en moins de femmes ont recours à la contraception hormonale. En 2017, 1.7 millions de femmes se sont vues prescrire la pilule, l'implant ou le stérilet hormonal, ce qui représente 43 % des femmes en âge de procréer, contre 48 % en 2015.

Si cette baisse de « consommation » concerne tous les âges de 15 à 48 ans, elle est la plus forte parmi les femmes entre 21 et 31 ans. Jusqu'à 21 ans, la contraception est en effet automatiquement remboursée par la sécurité sociale.

La ...

Lire la suite

Pays-Bas : imposer la contraception aux femmes jugées incompétentes

Pays-Bas : imposer la contraception aux femmes jugées incompétentes

- Contraception

L'échevin à l'Education, à la Jeunesse et aux Soins, de la ville de Rotterdam, Hugo de Jonge, du parti démocrate-chrétien CDA, a fait une proposition conseil communal afin d'imposer la contraception à certaines femmes. La mesure concernerait entre dix et vingt femmes par an, des femmes aux problèmes psychiatriques ou de dépendance, mentalement déficientes, sans abri ou qui travaillent dans la prostitution. Elles seraient ainsi jugées inaptes à avoir un enfant. 
Hugo de Jonge entend ainsi régle...

Lire la suite

Plus de 9.000.000 d’euros pour financer la contraception des jeunes

Plus de 9.000.000 d’euros pour financer la contraception des jeunes

- Contraception

C'est par l'AR du 21 mai 2013 et paru au Moniteur le 20 juin 2013, que le projet pilote réglementant le remboursement des contraceptifs pour les jeunes femmes de moins de 21 ans, a été prolongé pour 2012. Une enveloppe de 9.313.000 euros avait été prévue dans cette optique, soit 300.000 euros de plus que pour 2011.
L'intervention ne concerne pas seulement la pilule, mais également les patchs, les stérilets, les implants, etc. La liste des contraceptifs visés est en principe actualisée tous les...

Lire la suite