Sentiments de femmes après l’avortement

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 09/01/2018

Publiée dans le Journal of American Physicians and Surgeons, une étude dirigée par le prof. Priscilla K. Coleman, Ph.D., a tenté d'appréhender à grande échelle les conséquences personnelles vécues par les femmes suite à un avortement.  En 2012 et 2013, 987 femmes se sont portées candidates pour approfondir les aspects positifs et négatifs de leur expérience vécue.
Les réponses aux deux « simples » questions posées, ne reflètent pas, selon les chercheurs, les théories féministes actuelles.

Quel changement positif principal la femme a-t-elle ressenti suite à son avortement ?
245 femmes annoncent désormais pouvoir apporter une aide concrète aux femmes en situation de détresse avant ou après un avortement ; 49 s'impliquent dans des mouvements de défense de la vie. 243 femmes, soit 31,6 %, expriment par contre n'avoir pu retirer aucun bénéfice personnel de leur avortement.

Pour la plupart, ces implications positives n'ont émergé qu'après des années voire décennies de détresse psychologique.

Quel a été l'effet négatif principal de l'avortement ? 187 femmes ressentent surtout la perte d'un enfant ?
114 sont tombées en dépression sévère ; 110 femmes ont principalement éprouvé une grosse culpabilité ; 98 de la haine ou de la colère vis-à-vis d'elles-mêmes ; 86 de la honte et 73 surtout du regret ; 71 femmes ont succombé à une addiction à la drogue ou l'alcool ; 61 ont adopté des comportements autodestructeurs ; 60 femmes ont souffert d'un manque d'estime de soi, 56 d'anxiété et 49 de pensées suicidaires.

Beaucoup disent avoir vécu leur avortement comme un moment-pivot, un basculement dans leur estime d'elle-même, leur personnalité et leurs relations.

Si beaucoup de femmes (73,8%) ont évoqué des pressions extérieures (33,2 % se sentaient émotionnellement liées à leur foetus), la majorité dit avoir assumé son choix. Mais 66 % parmi elles ont ajouté savoir qu'elles commettaient une erreur.

Les auteurs de l'étude constatent qu'on se questionne rarement sur l'influence des services d'avortements facilement accessibles en rapport avec le bien-être émotionnel des femmes. On étudie les facteurs de risques d'un avortement, mais pas ses conséquences, dénoncent-ils.

Les conditions économiques et sociales ont été démontrées déterminantes sur la décision d'avorter aux Etats-Unis. « En tant que société qui donne priorité à la liberté et au choix, nous avons l'obligation éthique d'offrir les structures sociales nécessaires pour rendre le choix à la maternité aussi facile que le recours à l'avortement », conclut l'étude.

 L'étude : ICI


Articles similaires

Il n’y a aucun « droit à l’avortement » issu du droit international et européen

Il n’y a aucun « droit à l’avortement » issu du droit international et européen

- Avortement

Nouveau Flash Expert : pour y voir clair...

Depuis près d'un an, les discussions sur la sortie de l'avortement du Code Pénal ont repris. Dans la brochure du Centre d'Action Laïque, une question est posée : « La pénalisation de l'avortement dans la législation belge est-elle compatible avec les législations internationales signées par la Belgique qui consacrent ce droit ? » (Lire : ce droit à l'avortement).

Il parait urgent dans ce contexte de le rappeler : aucune convention internationale et...

Lire la suite

Belgique : pas de dépénalisation totale de l’avortement pour le moment

Belgique : pas de dépénalisation totale de l’avortement pour le moment

- Avortement

Ce mardi 27 juin, la commission de justice de la Chambre a ajourné sine die l'examen des six propositions de lois de libéralisation de l'avortement qui lui étaient présentées. Le parti chrétien démocrate flamand (CD&V), représenté par la députée Sonja Becq a, en effet, demandé un délai pour examiner ces différentes propositions.

La réforme « phare » de ces différentes propositions consiste en la qualification de l'avortement comme acte médical, non plus régi par le Code Pénal mais par une loi...

Lire la suite

Belgique : l’avortement : exception ou droit des femmes ?

Belgique : l’avortement : exception ou droit des femmes ?

- Avortement

A l'occasion du 26ème anniversaire de la loi Lallemand-Michielsen du 3 avril 1990 dépénalisant l'avortement, certains députés belges, encouragés par la plateforme « Abortion Right ! », renouvellent une tentative d'élargissement et de normalisation de l'avortement.

S'il s'agissait l'an dernier d'étendre le délai de l'avortement au-delà des 12 semaines légales actuelles (cf. : Bulletin de l'IEB ), une nouvelle proposition de loi déposée par les députés fédéraux DéFI Olivier Maingain et Véroniqu...

Lire la suite