Rapport 2008-2009 de la Commission d’évaluation avortement.

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 10/01/2011

Ci-dessous les chiffres officiels révélés dans le quatrième rapport de la Commission d'évaluation de la loi dépénalisant l'interruption de grossesse. 

On constate qu'il y a eu 2.646 avortements de plus en 2009 qu'en 2004, et ce malgré la politique gouvernementale en matière de contraception (60% des femmes utilisaient une méthode contraceptive).

Comme chaque année, la Commission se dit totalement tributaire des chiffres fournis par les centres d'avortement et les hôpitaux, n'ayant pas les moyens de les vérifier. 

Évolution du nombre d'avortements au cours des 6 dernières années :
2004     16.932
2005     17.867
2006     18.201
2007     18.705
2008     19.306
2009     19.421

Quelques traits pour l'année 2009 :
La grande majorité (81,49%) des avortements déclarés ont lieu dans les centres d'avortement, contre 18,51% en hôpital. 

Parmi les femmes qui ont subi un avortement, 26% sont domiciliées à Bruxelles-Capitale, 37,50% en Flandre, 30% en Wallonie.

La loi prévoit entre autres, que l'avortement peut avoir lieu seulement en cas de situation de détresse de la femme. Voici quelles sont les raisons invoquées aujourd'hui:
1)     pas de souhait d'enfant : 16%
2)     la femme se sent trop jeune : 12%.
3)     la famille est « complète » : 10%
4)     la femme est étudiante : 9%
5)     problèmes financiers : 8% 

Les centres d'avortement mentionnent dans leur rapport qu'il faut « veiller à améliorer l'offre dans les centres car les délais d'attente pour l'interruption de grossesse sont trop longs : il faut plus ou moins 10 jours entre la prise de rendez-vous et le rendez-vous. »  Ces mêmes centres insistent pour «  résoudre le problème du manque de médecins en promouvant l'IVG à la maison, sous certaines conditions». 

À souligner aussi la suggestion de pouvoir assimiler à un avortement thérapeutique l'interruption de grossesse pour les femmes ayant dépassé le délai légal de 12 semaines : « La femme dont la grossesse dépasse le terme de la loi présente presque toujours un problème de santé sociale et/ou psychologique qui devrait être considéré pour légitimer un avortement thérapeutique. » Cela aurait comme implication que l'avortement peut avoir lieu durant toute la grossesse pour motif « psychologique » de santé de la femme.

Les centres de planning et d'avortement regrettent que « L'IVG reste tabou ; il s'agit pourtant de défendre un droit fondamental, celui du choix. » Les centres relèvent également une « méconnaissance de la pilule du lendemain, confusion pilule du lendemain et pilule abortive, manque de développement de la contraception masculine».

Le lecteur trouvera en page 58 du Rapport de la Commission les suggestions des centres soumises au politique en vue d'encourager le recours à la contraception.

À noter encore que les centres d'avortement en Flandre orientent régulièrement des femmes vers les Pays-Bas, lorsque le délai des 12 semaines se trouve dépassé.  Selon ces centres, « une modification de la loi afin d'obtenir un remboursement INAMI pour une IVG pratiquée lors du deuxième trimestre serait à envisager ; aussi longtemps que ces avortements tardifs figureront dans le Code pénal belge, aucune solution technique ne pourra être envisagée sur la base des directives de la sécurité sociale européenne».

En 2009, 85 interruptions de grossesse pratiquées au-delà du délai de douze semaines ont été enregistrées : 1 pour cause de péril grave pour la santé de la femme ; 80 en raison d'affections graves ou incurables de l'enfant ; 4 en raison d'une combinaison de risques pour la mère et pour l'enfant.

Source : Institut Européen de Bioéthique  


Articles similaires

Belgique : on connaît les membres de la commission avortement

Belgique : on connaît les membres de la commission avortement

- Avortement

Il y aura bientôt une nouvelle Commission d'Evaluation de la loi sur l'avortement, avec des candidats qui affirment publiquement ne pas en respecter les dispositions.

En séance plénière du jeudi 22 décembre 2016, la Chambre des Représentants a procédé à l'établissement d'une double liste de 16 candidats, effectifs et suppléants, visant à composer la Commission Nationale d'évaluation chargée d'évaluer l'application des dispositions relatives à l'interruption de grossesse. Chaque candidat s'éta...

Lire la suite

Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

- Avortement

Le politique parle beaucoup de l'avortement en Belgique. Non pas des aides insuffisantes pour prévenir l'avortement lorsque la femme est enceinte, non pas des conséquences sociétales que constitue cet enjeu de santé publique.

La question qui fait débat est celle de la dépénalisation totale l'IVG pour que la femme "ne se sente plus culpabilisée". Quels sont les chiffres ? Y a-t-il vraiment des études fiables quant aux effets psychologiques d'une IVG sur les femmes ?

Les documents repris ci-de...

Lire la suite

France : le délit d'entrave numérique à l'avortement définitivement adopté par le Parlement

France : le délit d'entrave numérique à l'avortement définitivement adopté par le Parlement

- Avortement

Adopté définitivement par l'Assemblée nationale le 16 février dernier, le texte nouvellement adopté est censé permettre aux femmes d'exercer pleinement leur droit d'avorter en ayant accès à une information fiable. Il prévoit ainsi de pénaliser les sites coupables de « désinformation », avec de lourdes sanctions infligées à ceux qui transmettent des informations estimées fausses et « de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséqu...

Lire la suite